Fonds papyrologique de la BNU

La BNU conserve une des plus importantes collections de documents écrits antiques de France : elle se décompose en plusieurs sous-ensembles ainsi qu’en une collection d’usuels. Etant donnée la nature de ces documents et leur fragilité, leur consultation par les lecteurs ne peut se faire que sur recommandation par un professeur de papyrologie de Strasbourg.

Il n’existe pas de catalogue des documents antiques, mais seulement des inventaires. En effet, pour pouvoir « cataloguer » de tels documents, le travail d’édition scientifique est nécessaire. Lorsqu’un papyrus est édité, il reçoit un numéro international.

 

I Le fonds de documents antiques

Papyrus et ostraca (et autres objets porteurs ou non d’écritures, datant de l’Antiquité) :

Si l’existence d’une collection numismatique à la BNU ne semble pas avoir été voulue expressément, en revanche celle d’une collection de papyrus et d’ostraca a été le fruit d’une volonté délibérée qui s’est manifestée tout au long de sa constitution. La date de naissance officielle de la collection est connue : c’est le 9 septembre 1900 que le Gouverneur impérial d’Alsace-lorraine décida de réserver chaque année une somme importante à l’achat de papyrus. Au reste divers facteurs expliquent ou ont favorisé la constitution de cette collection. C’est d’abord l’époque qui a vu se mettre en place les grandes campagnes de fouilles systématiques en Egypte. La plupart des collections se sont en effet formées à ce moment-là. C’est aussi le résultat d’une politique volontariste de l’administration universitaire allemande qui particulièrement sous l’impulsion d’Ulrich Wilcken a fait en sorte que les universités fussent dotées de collections d’originaux sur lesquels pussent travailler professeurs et étudiants. C’est, enfin, la présence à Strasbourg de plusieurs personnalités de premier plan dans ces disciplines encore naissantes qu’étaient l’égyptologie et la papyrologie, à commencer par celle d’un orientaliste à la Bibliothèque en la personne de Julius Euting qui, arrivé dès 1871, en devint le directeur en 1900. Deux noms semblent attachés dès le départ à la constitution de ce fonds : ceux des égyptologues et papyrologues Spiegelberg et Reitzenstein qui ont acquis à partir des années 1880 des lots importants de papyrus.

En 1902, la bibliothèque fut un des quatre membres fondateurs du « cartel des papyrus », groupement d’achat allemand, auxquels vint s’ajouter une « Wissenschaftliche Gesellschaft » constituée en 1906 en vue d’acheter également des papyrus. Le nombre des membres du « Cartel » s’élevait à 15 en 1912. Leur fondé de pouvoir était le Directeur de l'école allemande du Caire, qui diffusait des listes de pièces offertes en vente (produits de fouilles).

La collection, d’abord placée dans les locaux de l’université, ne tarda pas à être déposée à la Bibliothèque universitaire et régionale, ainsi que celle de la Wissenschaftliche Gesellschaft. Un dernier achat fut effectué en 1968 par les soins du Pr. Jacques Schwartz

Tablettes cunéiformes :

Cette collection fut constituée en 1912. 395 documents furent alors achetés sur le marché des antiquités. Ce fonds s’est augmenté en 1970 de 92 tablettes léguées par Mme Fritz Kocher.

 

Papyrus:

On dénombre sur le journal d'entrées 4678 montages sous verre qui se répartissent par langue comme suit :

grecs : 2787

coptes : 687 (papyrus et fragments de parchemin)

arabes : 635 (papyrus et papiers)

arabes/grecs : 23

coptes/arabes : 11

démotiques : 347

démotiques /grecs : 29

hiératiques : 128

hiéroglyphiques : 8

hébraïques : 9

latins : 6

pelhevi : 6

araméens : 2

auxquels viennent s'ajouter les documents acquis par la Wissenschaftliche Gesellschaft :

grecs : 380

coptes : 70

démotiques : 23

hiératiques : 2

arabes : 19

soit au total 5171 sous-verres

 

Ostraca :

Comme les papyrus, les ostraca sont classés par langues comme suit :

leur nombre s'élève à 4958

démotiques : 2037

grecs : 1924

démotiques/grecs : 100

coptes : 624

hiératiques : 251

arabes : 9

araméens : 6

divers : 7

 

Etiquettes de momies :

elles ne sont pas classées par langues, mais elles se répartissent entre le

grec et le démotique : 255 (souvent bilingues)

 

Objets divers :

Les lots constitués par les vendeurs d'objets de fouilles contenaient aussi des objets divers. D'autre part, les savants qui constituaient ces collections achetaient aussi des objets qui venaient ensuite s'ajouter aux collections.

Les objets en question sont des plus divers : fragments lapidaires, statuettes, poteries, estampages, etc. Une momie fait même partie de cette collection. Tous ces fonds, sauf les objets divers, ont été inventoriés de façon suivie et les chiffres qui viennent d'être donnés sont tirés de ces inventaires. Toutefois ces chiffres ne peuvent être considérés comme rigoureusement exacts, en particulier pour les papyrus : plusieurs fragments sans rapports entre eux peuvent figurer sous le même verre, d'autres ont pu être raccordés et remontés sous un verre unique, de nouvelles identifications ont pu être faites... D'autre part ces inventaires numériques ne fournissent malheureusement que trop peu d'indications quant à la provenance des pièces ou à leur date d'entrée.

Comment se situent les collections strasbourgeoises dans le contexte de la France ? Si l’on excepte les collections du Louvre, la collection de la BNU constitue à n’en pas douter le fonds le plus important de France. La BnF et la bibliothèque de la Sorbonne possèdent également une collection de papyrus mais de moindre importance. Quelques papyrus sont conservés à Lille, mais il s’agit d’une collection d’un volume fort modeste. Quant aux tablettes cunéiformes, la seule collection comparable, le Louvre toujours excepté, se trouve à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes.

 

Actualité de ces fonds :

Une convention liant la BNU, l’UMB et la MISHA permet depuis le second trimestre de 2003 d’effectuer une campagne de numérisation des papyrus grecs. Une base de données consultable sur Internet sera disponible prochainement. 900 textes de papyrus grecs ont été publiés par les professeurs de papyrologie strasbourgeois. Le travail continue actuellement et la bibliographie de la collection de Strasbourg s’accroît d’année en année.

812 textes sur ostraca grecs et grecs-démotiques ont été publiés.

D’importants corpus démotiques, coptes, ou même cunéiformes ont été publiés également (voir bibliographie).

 

II Les usuels de papyrologie :

Un petit ensemble d’usuels de papyrologie, corpus de textes édités, études concernant des papyrus présents à la BNU, usuels divers, est accessible en salle Joffre. Le catalogue de cette petite collection n’est pas disponible sur le catalogue informatisé de la BNU ni sur le web. Un catalogue sur fiches par auteurs est disponible en salle Joffre. Seul le prêt exceptionnel de ces ouvrages est prévu. La BNU possède dans ses fonds généraux un vaste ensemble d’ouvrages papyrologiques répertoriés sur le catalogue informatisé. L’Institut de papyrologie de l’UMB acquière particulièrement ces ouvrages pour sa bibliothèque.

 

Bibliographie :

Griechische Papyrus der Kaiserlichen Universitäts- und Landesbibliothek zu Strassburg, hrsg Friedrich Preisigke. – Leipzig : 1912-1920.

Papyrus grecs de la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg / Paul Collomp et ses élèves. – Paris : 1948.

Papyrus grecs de la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg / Jacques Schwartz et ses élèves. – Strasbourg, 1963-1989.

Griechische und griechisch-demotische Ostraca der Universitäts- und Landesbibliothek zu Strassburg / hrsg Paul Viereck. – Berlin, 1923.

Die demotischen Papyrus der strassburger Bibliothek / hrsg Wilhelm Spiegelberg. – Strasbourg, 1902.

Strassburger Keilschrifttexte in sumerischer und babylonischer Sprache / hrsg Carl Frank. – Berlin, 1928.

Die Drehem und Djoha-Urkunden der Strassburger Universität- und Landesbibliothek / Nikolaus Schneider. – Rome, 1931.

Documents cunéiformes de Strasbourg conservés à la Bibliothèque Nationale et Universitaire / éd. Dominique Charpin, Jean-Marie Durand. – Paris, 1981.

L'Empédocle de Strasbourg  : (P. Strasb. gr.Inv.1665-1666) Introduction, édition et commentaire ; with an English summary  / Alain Martin, Oliver Primavesi. - Berlin ; Strasbourg, 1999.

Il existe aussi de nombreuses éditions isolées de papyrus de cette collection parues dans des ouvrages qui sont tous présents à la BNU. Ces éditions de textes sont signalées par la Bibliographie alsacienne.

 
 
 
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