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La BNU signe une convention de partenariat avec la Bibliothèque nationale de Lettonie

La BNU et la Bibliothèque nationale de Lettonie (Latvijas Nacionala Biblioteka, LNB) ont signé une convention de partenariat à l'occasion de la visite de M. Andris Vilks, Directeur de la LNB, à Strasbourg le 22 décembre 2011.

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De gauche à droite: M. Andris Vilks (Directeur de la LNB),
M. Richard Burgstahler (Consul honoraire de Lettonie),  M. Albert Poirot (Administrateur de la BNU)

 

Historique du projet

1. La Lettonie et l'Alsace: destins parallèles

Un même destin tragique lie la Lettonie à l'Alsace. Le 20e siècle fut pour les Alsaciens et les Lettons synonyme de guerre, occupation et annexion.

Alors que l'Alsace redevient française en 1944, la Lettonie devra attendre 1991 pour être indépendante et 2004 pour entrer dans l'Union européenne. Les musées du Mémorial d'Alsace-Moselle de Schirmeck et celui des Occupations de Riga, qui retrace les occupations soviétiques, nazis, puis celle de l'armée rouge, témoignent de cette histoire mouvementée.

2. Lettonie et Alsace : un  partenariat déjà amorcé

Le rapprochement de l'Alsace avec la Lettonie n'est pas  nouveau. Le Département du Bas-Rhin et la province lettone de Vidzeme ont signé un accord de partenariat en avril 2005, qui met particulièrement l'accent sur les échanges culturels. La coopération s'étend à d'autres domaines comme l'échange d'expériences en matière de coopération transfrontalière, la promotion réciproque des territoires dans les domaines du développement économique, de la culture et du tourisme, ainsi que les échanges institutionnels dans les affaires sociales, le développement économique ou encore le transport et la protection de l'environnement.

Actuellement, la Ville de Strasbourg organise, en partenariat et avec le soutien du Département du Bas-Rhin, de l'Ambassade de France et de l'Institut français de Riga, une exposition des œuvres de Tomi Ungerer en Lettonie.

Cette exposition présente les œuvres issues du Musée Tomi Ungerer de Strasbourg et a pour but de faire connaître le travail engagé de l'artiste et sa région d'origine, l'Alsace. Elle se tiendra tout d'abord à l'Académie des Beaux-Arts de Riga de fin février à fin mars 2012 et, le mois suivant, au Musée de Valmiera, ville située au nord de la Région de Vidzeme. Présenter le travail de Tomi Ungerer à Riga s'inscrit dans la continuité de l'édition d'une version franco-lettone du conte pour enfant Les 3 brigands.

Les 3 brigandsLes 3 brigands

Les 3 brigands, Tomi Ungerer

3. La Lettonie et la BNU

Avec Strasbourg comme siège des institutions européennes, les relations internationales sont un volet important de l'action de la BNU.

En 1992, elle fait le choix de créer un pôle d'excellence dédié à l'Europe et mène une politique de coopération active en participant à des partenariats et réseaux européens ou internationaux: elle fait partie de la Confédération Européenne des Universités du Rhin Supérieur (EUCOR), de la Ligue des Bibliothèque Européennes de Recherche (LIBER) et participe à l'IFLA (Fédération internationale des associations de bibliothécaires et des bibliothèques). Par ailleurs, la BNU a signé une convention en 2007 avec le Conseil de l'Europe visant, à terme, à opérer un transfert complet de la Bibliothèque centrale du Conseil de l'Europe vers les collections de la BNU. En 2009, ce sont d'importantes collections qui sont venues enrichir le fonds de la BNU sur les questions politiques de la construction et de l'élargissement de l'Europe, mais aussi pour les domaines liés aux relations internationales, à l'histoire parlementaire, à la diplomatie, à l'éducation ou encore à l'environnement. Ainsi, la BNU confirme son indéniable dimension européenne dans le paysage documentaire local, national et international. De plus, elle est dépositaire des publications du Conseil de l'Europe et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

C'est dans un contexte d'ouverture vers les pays d'Europe centrale et orientale que la BNU souhaite  s'engager dans des partenariats débouchant sur une coopération à long terme.

L'Ambassade de France à Riga est à l'origine du rapprochement entre la BNU et la LNB. Albert Poirot, Administrateur de la BNU, fut invité en Lettonie en février 2010 pour donner une conférence sur le thème « Bibliothèque, mémoire et démocratie ». Il a été reçu à la LNB et à la Bibliothèque universitaire de Lettonie. Le projet d'une convention entre la LNB et la BNU, visant à instaurer des échanges culturels et professionnels, est alors lancé.

    La BNU et la LNB : deux bibliothèques qui se ressemblent

La LNB, créée le 29 août 1919, est une bibliothèque nationale de recherche à rayonnement régional, national et international dotée d'un fonds varié de 4,5 millions de documents.  Depuis sa création, les collections de la LNB ont successivement été déplacées d'un bâtiment à un autre. Actuellement, les documents de la LNB sont logés dans huit bâtiments situés à Riga et ses environs. Spécialisée dans les sciences humaines et sociales, la diversité et la richesse des collections de la LNB se reflète dans ses collections spéciales : Letonica (bibliothèque numérique de Letonie comparable à Europeana ou Alsatica), la Bibliothèque baltique centrale, livres rares, manuscrits, littérature pour enfants, périodiques, partitions, enregistrements sonores, ou encore documents cartographiques. Cette richesse, elle l'acquiert par le biais d'une histoire mouvementée qui n'est pas sans rappeler celle de la BNU.

La BNU, créée en 1871, a été richement dotée par l'Empire allemand et rassemble des témoins de toute l'aventure de l'écrit. Elle possède également des fonds patrimoniaux précieux estimés à près de 1,1 million de documents antérieurs à 1920, comme des manuscrits anciens et modernes, des incunables, des papyrus, des monnaies et des cartes. Cet héritage permet à la BNU de devenir la deuxième bibliothèque de France, la première de l'enseignement supérieur, ainsi qu'une bibliothèque pluridisciplinaire de recherche en sciences humaines et sociales à rayonnement régional, national et européen.

    La BNU et la LNB : deux projets architecturaux en correspondance

La Lettonie s'est engagée dans un projet de construction d'envergure d'une bibliothèque nationale moderne dont les travaux, commencés en 2008, devraient se terminer en 2013-2014.
   
Le projet, estimé à près de 193 millions d'euros et dont la conception a été confiée à l'architecte Gunnar Birkerts, va bien au delà d'un nouveau bâtiment puisqu'il s'agit de faire de cette bibliothèque un grand centre multifonctionnel de culture et d’information aux standards européens, c’est-à-dire équipé des nouvelles technologies et ouvert sur le monde. Le bâtiment, qualifié de «château de lumière » du fait des choix esthétiques opérés et en référence au folklore letton, abritera à terme près de 8 millions de documents imprimés et comptera un grand nombre de stations informatisées pour les lecteurs. Une salle de concert, un centre de conférences avec un système de traduction synchronisée, un équipement d'enregistrement et de diffusion, ainsi que des galeries d'exposition feront de cette bibliothèque un centre culturel à la pointe de la modernité.

Située sur la rive gauche du fleuve Daugava, la future bibliothèque fera face au centre historique de la ville, qui est inscrit depuis 1997 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. L'emplacement retenu pour la LNB participe donc directement à la mise en valeur de la ville.

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Castle of light, le «château de lumière» de la future LNB - © NLL


Le 18 juin 2010, une partie du sol d'un magasin s'est effondré endommageant des milliers de livres. Grâce à l'efficacité du personnel et à l'aide de plus de 200 bénévoles, 78 000 livres sont évacués.
Cet événement a particulièrement ému la BNU, puisque la mise en sécurité du bâtiment République est l'une des priorité du projet BNU Nouvelle.

Accident à la LNBAccident à la LNB

18 juin 2010: le sol s'effondre à la LNB


De façon comparable, la BNU a entamé des travaux de rénovation de son bâtiment principal, situé place de la République. Le chantier BNU Nouvelle a débuté en 2010 pour une réouverture au public prévue au premier semestre 2014.


Le projet architectural BNU Nouvelle, confié  à l'agence Nicolas Michelin & Associés et estimé à 61 millions d'euros, répond à la nécessite d'une remise en sécurité du bâtiment, mais aussi la restructuration et modernisation de ses espaces intérieurs. On peut recenser dix objectifs à ce projet : l'extension des surfaces et donc l'augmentation de la capacité de stockage du bâtiment, l'augmentation du nombre d'ouvrages en libre accès, l'augmentation du nombre de places assises, faire du site République le seul lieu rassemblant tous les services, la mise en place de technologies plus performantes, la mise en valeur de documents précieux que possède la BNU, le développement de meilleures conditions de conservation, développer l'action culturelle avec une salle d'exposition de 500 m2 et un auditorium de 140 places, la mise en sécurité du bâtiment et enfin, une contribution à la candidature du quartier de la Neustadt au patrimoine mondial de l'UNESCO.

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Perspective de l'Atrium et de la salle de lecture de la BNU - © Agence Nicolas Michelin et associés – Artefactory perspectiviste

 

Parallèlement à ce chantier architectural,  la BNU a défini « 10 chantiers dans le chantier » en prévision de la réouverture du bâtiment République: développement d'une bibliothèque numérique, mise en valeur commune des ressources documentaires du site strasbourgeois, le développement d’horaires d’ouverture étendus, préparation des 200 000 ouvrages concernés au libre accès, préparation intellectuelle et matérielle des collections patrimoniales en vue de leur présentation dans les réserves visitables, traitement et mise en valeur des fonds du Conseil de l'Europe, des dons et des dépôts, la mise à jour du catalogue, l'achèvement de la rétroconversion, la poursuite d'une action culturelle dynamique et de la publication de La Revue de la BNU, et pour finir, l'inscription dans l'espace rhénan de l'enseignement supérieur avec un approfondissement de l'ouverture à l'Europe de l'Est.

Les enjeux du projet BNU Nouvelle sont semblables à ceux de la LNB: un bâtiment qui rassemble plus de documents en libre accès et de nouvelles technologies, la mise en valeur et une conservation optimale de ceux-ci, mais aussi la contribution à la mise en valeur de quartiers au patrimoine mondial de l'UNESCO.

    La convention entre la BNU et la LNB : une évidence

La BNU accueille des expositions internationales, à l'occasion desquelles elle met en place des partenariats avec des institutions scientifiques et culturelles étrangères. Outre son ouverture aux pays frontaliers, la BNU est tournée vers les pays d'Europe centrale et méridionale, ainsi que vers la Russie. Ces partenariats débouchent généralement vers une coopération à long terme.
Du 21 au 23 décembre 2011, le Directeur de la LNB, M. Andris Vilks, a été reçu à Strasbourg. Le 22 décembre, une convention de partenariat entre les deux établissements, en présence du Consul honoraire de Lettonie, M. Richard Burgstahler, a été signée. Cette convention  traduit un intérêt commun pour développer une coopération fondée principalement sur cinq domaines : l'échange régulier et durable de documents et leur publication, l'information et l'échange de savoirs professionnels, la numérisation de documents et la mise en place d'un projet culturel commun.
   
Cette convention encourage aussi la création et le développement de la coopération, puisqu'elle peut servir d'interface à d'autres institutions locales. Dans ce sens, le partenariat permettra aussi de proposer et d'échanger des expositions dont le thème ou les sujets abordés trouveraient la même résonance d'un pays à l'autre. Un comité de suivi se réunira au moins tous les deux ans alternativement à Strasbourg et à Riga pour assurer la réalisation, l'organisation et le suivi des projets.


Le destin parallèle de ces deux établissements traduit des enjeux culturels et architecturaux communs. Il était logique et évident que la BNU se lie de manière concrète à la LNB. Cette convention est la naissance d'une étroite collaboration pour la conservation et la diffusion du savoir.
 

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