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On pourrait croire le sujet de la cathédrale de Strasbourg éculé, le nombre d'ouvrages sur ce symbole de l'Alsace étant à peu près égal au nombre de pierres qui ont servi à sa construction. Et pourtant... Jean-Sébastien Sauvé, dans Notre-Dame de Strasbourg, les façades gothiques, s'est penché sur un édifice qui est loin d'avoir dévoilé tous ses secrets.

Notre-Dame de Strasbourg, les façades gothiquesNotre-Dame de Strasbourg, les façades gothiques

Comme son sous-titre l'indique, l'ouvrage est consacré à l'histoire de la façade occidentale de la cathédrale. La plus frappante, dès le premier abord, la plus vertigineuse, la plus ouvragée... Celle qui fait dire à Goethe qu'elle incarne le génie artistique médiéval allemand et à Alexandre Dumas qu'on se trouve en face de la huitième merveille du monde. L'auteur a privilégié une approche archéologique plutôt que strictement documentaire. Prenant le parti qu'une cathédrale est avant tout un assemblage de pierres, l'auteur entend interroger ce matériau, en faire l'objet central de son étude. Il s'agit d'examiner les pierres qui, malgré des restaurations et des modifications de l'édifice, sont plus précises, selon lui, qu'une source écrite. Afin de renforcer ses thèses, l'auteur a utilisé les dessins d'architecture conservés au Musée de l'Œuvre Notre-Dame de Strasbourg. Le musée abrite en effet la troisième collection de dessins gothiques en importance conservée à ce jour, après celles de Vienne et d'Ulm. On y trouve une trentaine de dessins, parmi lesquels de nombreux plans et élévations de la façade occidentale ainsi que de la tour de la cathédrale de Strasbourg.

L'historien limite son champ d'investigation aux seules sections de la cathédrale dont nous possédons toujours les dessins d'architecture. Cela concerne la façade attribuée à maître Erwin (1244-1318) et la tour dont la construction a été entamée par Ulrich von Ensingen (vers 1350-1419). Fort de près de 400 pages richement illustrées de planches, croquis et photographies, l'ouvrage nous permet de suivre pas à pas l'avancement de ce chantier colossal : la liaison de la façade occidentale et de la nef, l'histoire mouvementée de la première puis de la deuxième façade après 1275. Haute de soixante-dix mètres, cette dernière peut enfin accueillir la tour qui fera de la cathédrale de Strasbourg, jusqu'au 19e siècle, le plus haut édifice du monde chrétien (142 mètres).

Si les fondations de la cathédrale tiennent toujours bon, cet ouvrage scientifique très bien documenté apporte de nouvelles hypothèses qui viennent ébranler de vieilles certitudes.

Dessin A, n° inv. D.22.995.0.10, Musée de l'Oeuvre Notre-Dame, StrasbourgDessin A, n° inv. D.22.995.0.10, Musée de l'Oeuvre Notre-Dame, Strasbourg

 

En savoir plus :

Notre-Dame de Strasbourg, les façades gothiques

Arte consacre un documentaire aux bâtisseurs de la cathédrale de Strasbourg ; diffusion le 15 décembre : bande-annonce

et en association avec la Société de production Seppia, Arte propose une "aventure transmedia" au cœur de la cathédrale : http://cathedrale.arte.tv/

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