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Novembre 2016 : la Danse des vivants

À l’occasion des commémorations de l’Armistice du 11 novembre 1918, le roman d’Antoine Rault, la Danse des vivants, invite à se plonger dans le destin d’un jeune poilu revenu amnésique du front. Le héros prénommé, Charles, se réveille dans un hôpital militaire : il ne se souvient de rien, mais il parle aussi bien français, qu’allemand. Ce particularisme suscite l’intérêt de l’Etat-major français qui voit l’occasion d’exploiter cette faculté à des fins d’espionnage d’une Allemagne qui se relève difficilement de sa défaite et dans laquelle certains préparent déjà la revanche contre le « coup de poignard dans le dos ».

La danse des vivantsLa danse des vivants

Rapidement, le lecteur comprend que le héros principal est un enfant d’un couple alsacien ayant choisi de rester français après 1871 d’où ce bilinguisme. Tout au long de son parcours qui le mène de Berlin aux Etats baltes dans une Allemagne qui combat la montée du bolchévisme et à laquelle les puissances imposent les très dures conditions du Traité de Versailles, Charles rencontre de nombreux personnages alsaciens, souvent employés par l’Armée française dans les services d’espionnage. Il s’agit là d’une représentation qui s’appuie sur des faits établis, nombreux ont été les alsaciens à avoir joué le rôle d’interprète ou plus encore dans les rangs français ou allemands.

La Danse des vivants est un roman documenté, il invite le lecteur à s’intéresser à la période qui suit l’immédiat après-guerre. Une période troublée durant laquelle la République de Weimar naît dans la douleur et les difficultés. Une période marquée également par l’intransigeance des vainqueurs et notamment de la France, prélude à la formation de rancœurs tenaces en Allemagne qui alimenteront ensuite les thèses politiques les plus extrêmes.

En savoir plus :

La Danse des vivants, Antoine Rault, Paris, Albin Michel, 2016, 491 p. 

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