BNU

La BNU possède un manuscrit de Franz Liszt, classé dans les collections de la bibliothèque sous la cote MRS.JAELL.057,1-8.Ce document fait partie du fonds Marie Jaëll, la célèbre pianiste alsacienne qui fut son élève affectionnée.

 

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Les sept feuillets constituant le document sont introduits par une belle page de dédicace du virtuose hongrois. Suivent sept propositions de variantes (ad libitum) pour les Douze Valses pour piano à quatre mains et le Finale de l'opus 8 composé par Marie Jaëll. Ces morceaux ont connu un grand succès et sont actuellement en cours de réédition, après avoir été imprimés à Paris par Gérard, en 1877, et à Milan en 1878. Elles ont été créées à Paris par Marie Jaëll et son mari Alfred le 14 mars 1877, concert relaté dans la Revue et gazette musicale de Paris, le 18 mars 1877. A cette occasion on salua le « second début » de Marie Jaëll dans la carrière de compositeur. Franz Liszt et Camille Saint-Saëns ont joué cette oeuvre à quatre mains à Bayreuth en 1876.
Les autres feuillets sont la partition de fragments du Psaume 129 : De Profundis, composition de Franz Liszt, auxquels il apporte ses propres corrections.
La signature est formulée de la manière suivante : « Son très affectueux serviteur, F. Liszt, octobre 76 ». Les lettres de Franz Liszt à Marie Jaëll sont bien connues : un article de Jean Chantvoine s'intéresse à elles (1). On y perçoit notamment la grande générosité du virtuose envers ses jeunes collègues pianistes, et l'humilité dont il fait preuve, malgré son immense notoriété. Se permettre de proposer à un collègue compositeur des variantes à ses compositions peut être perçu comme une indélicatesse. Franz Liszt a pris la précaution de les appeler de « discrètes annotations ». Il fait ailleurs l'éloge des oeuvres de Marie Jaëll, en qualifiant son 2e concerto d' « oeuvre maîtresse et géniale » (lettre du 2 mai 1884).

 

Buste de Marie JaëllBuste de Marie Jaëll

 

Franz Liszt connaissait l'Alsace depuis ses tout premiers débuts en 1823, à l'âge de 12 ans, et sa relation artistique avec Marie Jaëll les firent se poursuivre jusqu'à sa mort en 1886.
Ce document faisait partie du fonds Marie Jaëll appartenant à la famille Kiener, qui en a fait don à la BNU en 1976.

(1) In : Revue internationale de musique, 1952, n° 12, p. 31-47.

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