BNU

 La BNU propose à ses lecteurs des collections d'art estimées à près de 200 000 pièces (livres et revues), auxquelles s'ajoutent des collections d'estampes, affiches, photographies et cartes postales. Les seules acquisitions de livres et de revues faites depuis 1920 se montent à 90 000 unités. Pour les fonds plus anciens, on estime qu'en 1920, les collections de monographies consacrées aux divers domaines des arts représentaient 60 000 volumes environ (estimation faite d'après les registres qui listent, à cette époque, 23 280 titres allant du 16e au début du 20e siècle). Reflets fidèles de la culture d'alors, ils laissent voir une prédominance d'ouvrages sur l'art des pays germaniques, mais sans exclusive ; l'aire française est bien représentée aussi, et de façon plus générale, la couverture géographique est très large, dépassant souvent le cadre du monde occidental. Des sondages effectués sur des bibliographies artistiques courantes du début du siècle montrent qu'à cette époque, la bibliothèque achetait presque 50 % de la production recensée, tous pays confondus.
La politique d'acquisition n'a pas été fondamentalement transformée après le retour de l'Alsace à la France ; elle est dans les grandes lignes restée fidèle aux caractéristiques premières du fonds. Aussi la BNU est-elle aujourd'hui sans aucun doute, avec la Bibliothèque nationale de France, la plus riche de France pour ce qui concerne l'art des pays germaniques. Elle est aussi une grande bibliothèque encyclopédique, où tous les secteurs artistiques et musicaux sont représentés.

Parmi les quelques exemples de fonds remarquables qu'on peut citer, on notera :

  • une belle collection d'in-folios, symboles de la culture bourgeoise du 19e siècle finissant, où le livre, objet d'ornement, est aussi le support du savoir dans les domaines plus techniques. A l'heure où l'on évoque la candidature des « quartiers allemands » de Strasbourg au patrimoine mondial de l'UNESCO, il n'est pas inutile de rappeler que ce patrimoine existe aussi sous forme livresque dans un des bâtiments les plus emblématiques de cette époque.
  • un ensemble remarquable de livrets d'opéras, allant de la fin du 17e au début du 20e siècle   (1 000 pièces environ)
  • un ensemble de revues d'art de la fin du 19e et du début du 20e siècle, incluant la plupart des grands titres allemands de l'époque et notamment ceux qui ont contribué à l'éclosion du Jugendstil (Jugend, Simplicissimus, Die Kunst für alle, etc.). Cet ensemble a fait l'objet d'une étude dans le catalogue de l'exposition Impressions d'Europe (Strasbourg, 2003).


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Fonds particuliers

Par ailleurs, des fonds particuliers et de riches collections iconographiques renforcent l'attractivité de l'établissement dans les domaines artistiques. Citons à titre d'exemples :

  • un fonds de 25 000 portraits de personnages de l'ère culturelle germanique, du 16e au 19e siècle. Extrêmement varié, il a été signalé, pour certaines de ses parties, dans le vol. 38 de la collection de référence Hollstein's German engravings, etchings and woodcuts, 1400-1700.
  • le « fonds Nuremberg », ensemble de 3 250 dessins et gravures, allant du 16e au 19e siècle, ayant trait à cette ville et à sa région. Unique en France, il a fait l'objet d'une étude dans le catalogue Impressions d'Europe.
  • le fonds Haller von Hallerstein : 4 000 pièces environ concernant l'architecture.
  • la BNU possède aussi un fonds d'environ 10 000 photographies, parmi lesquelles plusieurs ensembles du 19e siècle (en particulier un fonds proche-oriental rassemblé par le savant Julius Euting, ou encore les 5 000 images provenant des archives de l'éditeur d'art Braun).

On rappellera ici que la gravure d'illustration, particulièrement bien représentée dans l'édition alsacienne du 16e siècle, a fait l'objet d'un programme de recherches qui a déjà abouti à la publication de trois volumes imprimés. Ce programme rappelle que le champ de l'histoire de l'art ne concerne pas seulement les ouvrages d'art stricto sensu, et que la richesse d'une bibliothèque à cet égard se voit aussi à la pluridisciplinarité de ses collections.

 

L'ivresse de NoéL'ivresse de Noé

 

Les acquisitions contemporaines

Pour l'ensemble des arts (musique comprise), la BNU s'enrichit d'environ 1 500 titres par an, dont environ 600 concernent l'art des pays germaniques. Elle propose près de 200 périodiques courants.

Dans ce domaine, les acquisitions courantes de la BNU essaient de suivre l'actualité sans discrimination d'époque ni de pays. Cette politique répond à la diversité du lectorat de la bibliothèque, étudiants et chercheurs en histoire de l'art, étudiants des écoles d'architecture ou d'arts décoratifs, musicologues et musiciens, sans oublier le public non-étudiant, part non négligeable dans le cas de la BNU. Cette essence généraliste fait que les acquisitions dans les domaines artistiques n'ont jamais cessé d'être encyclopédiques.

Das Reichstags-Gebäude par Paul WallotDas Reichstags-Gebäude par Paul WallotDe plus, certains domaines, du fait des politiques d'acquisitions particulières de la bibliothèque, sont intégralement couverts : ainsi toutes les publications concernant les pays germaniques et l'Europe centrale et orientale (la BNU est CADIST et pôle associé de la BnF pour les langues, littératures et civilisation germaniques). Pour ce qui concerne le 20e siècle, où les lacunes accumulées depuis 1945 étaient plus flagrantes, l'effort de ces dernières années a permis un rattrapage conséquent dans les domaines suivants : arts du spectacle et de la rue, chanson, mode, design ou photographie. L'art religieux est également très bien suivi (la BNU est aussi CADIST et pôle associé de la BnF pour les sciences religieuses).

Pour les acquisitions en langues étrangères, elles sont naturellement importantes pour l'allemand, dans tous les domaines des arts. Mais la bibliothèque achète aussi des ouvrages de référence concernant des aires géographiques dont on comprendrait mal qu'elles soient absentes d'un grand établissement de recherche. La BNU est d'ailleurs là sur un créneau qu'elle occupe quasiment seule en France.

A titre de comparaison, un sondage effectué sur les dernières années d'acquisitions en langues étrangères concernant des pays étrangers, montre un taux de recouvrement relativement faible par rapport aux collections de l'INHA, établissement de référence en France pour l'histoire de l'art. Ainsi, pour les années 2009 et 2010, 52% des titres concernant des pays étrangers (hors aire culturelle germanique) achetés par la BNU ne l'ont pas été par l'INHA. La proportion est plus importante encore pour ce qui concerne les pays relevant de l'aire culturelle germanique (Allemagne, Autriche, Suisse, Tyrol du Sud, minorités allemandes d'Europe orientale) : ce sont dans ce cas 70% des titres achetés par la BNU qui ne le sont pas par l'INHA.
Ces chiffres doivent certes être relativisés car ils comprennent les acquisitions en musique, domaine non couvert par les missions de l'INHA. Cependant, outre le fait qu'il n'est pas indifférent de constater qu'un même établissement s'attache à rassembler, sur des pays précis, des fonds d'art englobant tous les domaines, l'examen approfondi des acquisitions montre une réelle complémentarité des politiques documentaires : elle est visible tant en ce qui concerne certains pays mieux suivis à la BNU (domaine germanique, Russie, pays extra-européens) que pour certains domaines des arts (mode, design, photographie, architecture et pratiques artistiques contemporaines, arts de la rue et du spectacle, contre-culture) ou encore pour les périodes les plus contemporaines (en gros, depuis 1945), la proportion devenant d'autant plus importante dans le cas de titres combinant les trois aspects.

Les ouvrages acquis concernent donc tous les domaines des arts, musique comprise, parmi lesquels on peut faire ressortir les points forts suivants :

  • arts des pays germaniques (bien représentés aussi dans le fonds de l'Actualité du livre allemand)
  • architecture, urbanisme, art des jardins
  • cinéma et arts du spectacle
  • arts primitifs
  • art des pays extra-européens
  • arts mineurs, arts de la rue
  • photographie
  • musiques populaires


Les fonds particuliers continuent aussi de s'enrichir. Le dernier en date est un ensemble de 4 292 affiches ayant trait à la construction de l'Europe ou à l'utilisation de son image dans diverses campagnes d'information ou de publicité. Il couvre quasiment tout le 20e siècle (des années 20 à aujourd'hui).

Les possibilités offertes par la bibliothèque numérique concernent aussi, bien entendu, les fonds d'art. La numérisation du fonds Nuremberg est ainsi programmée. Dans le cadre du pôle associé à la BnF et des opérations de numérisation souhaitées par cette dernière au sein de ce partenariat, des corpus d'histoire de l'art pourront être concernés (les revues d'art du tournant du 20e siècle, par exemple). Des corpus ayant trait à la documentation régionale (et donc, dans la plupart des cas, aux contacts entre les aires culturelles française et allemande) sont également numérisés, ou en phase de l'être (ainsi, pour 2011, des affiches illustrées). Enfin, la numérisation du fonds d'affiches européennes, prévue elle aussi pour les années à venir, montre la variété des champs d'exploration dans ce domaine.

On rappellera pour conclure que les collections d'art de la BNU ont été constituées parallèlement à celles de l'Université de Strasbourg, qui héberge quelques fonds remarquables principalement consacrés à l'archéologie : fonds égyptien, collections photographiques documentant des fouilles entreprises par des archéologues strasbourgeois de la période allemande, et surtout un exceptionnel ensemble de moulages gréco-latins, dont de multiples possibilités de valorisation existent.


Directeur du développement des collections
Christophe Didier
03 88 25 28 21
Christophe.Didier@bnu.fr

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