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Les documents cunéiformes

Définition
L'écriture cunéiforme est un système graphique né au Proche-Orient ancien, vers 3500 avant Jésus-Christ, créé par la civilisation sumérienne. Il a perduré plus de trois millénaires, restant en usage jusqu'aux abords de l'ère chrétienne. Après les Sumériens, le Akkadiens l'ont adopté, et de la Cappadoce à l'Elam, de l'Egypte à l'Arménie, il devint un code international, servant à l'écriture de nombreuses langues de types et d'origines très hétérogènes.
Ce système est d'une grande complication : il se compose de environ 550 signes, dont 250 à 300 sont d'usage courant. Il est à la fois idéographique, phonétique et syllabique, ou disyllabique et les signes peuvent avoir une ou plusieurs valeurs ; un son peut correspondre à plusieurs signes. Le contexte aide beaucoup la lecture et donc ceux qui la maîtrisent en acquièrent beaucoup de prestige. Ce système perdure en tant qu'écriture savante alors que des codes alphabétiques, dont la graphie est dérivée du cunéiforme, circulent déjà autour de la Méditerranée.

Document cunéiformeDocument cunéiforme

 

 

Historique
C'est en 1912 que 380 documents cunéiformes ont été acquis sur le marché des antiquités en Egypte, sans doute par Carl Frank lui-même. Cet ensemble forme le socle de la collection de la BNU. Cependant, 15 documents ont été adjoints à l'inventaire de la collection d'avant 1970. En 1970, en effet, ce sont 92 tablettes qui ont été léguées par la veuve du professeur Fritz Kocher.
Les deux ensembles ont été inventoriés sous une numérotation séquentielle continue allant de 1 à 484, les numéros 396 à 484 étant affectés à la collection Kocher.
La collection de la BNU est une des plus importantes de France par le nombre des documents.

 

 

Travaux scientifiques et publications
Carl Frank a publié cinquante de ces tablettes dans l'ouvrage : Strassburger Keilschrifttexte in sumerischer und babylonischer Sprache. - Berlin, W. de Gruyter, 1928. L'ouvrage laisse cependant à désirer, d'après D. Charpin et J.-M. Durand, certainement faute de temps pour l'auteur d'approfondir ses recherches.
Nikolaus Schneider, du Luxembourg, a publié 304 tablettes dans l'ouvrage intitulé Die Drehem- und Djoha- Urkunden der strassburger Universitäts- und Landesbibliothek. - Rome : Pontificio Istituto biblico, 1931, paru dans le tome 1 de Analecta Orientalia. Ce corpus date de la troisième dynastie d'Ur. Cette publication a également fait l'objet de critiques portant sur la méthodologie de la part de Charpin et Durand.
Cette collection a retenu l'attention du professeur E. Laroche, qui en a établi un catalogue et a fait en sorte qu'elle soit abordée à nouveau par les chercheurs dans le but d'en compléter l'exploitation.
C'est ainsi que Dominique Charpin et Jean-Marie Durand ont republié la quasi-totalité de ce corpus, sous le titre Documents cunéiformes de Strasbourg, dans le cahier n° 4 des Recherches sur les grandes civilisations. - Paris : A.D.P.F., 1981, dans le but de le rendre à nouveau accessible, d'en compléter et d'en améliorer la publication scientifique, que Frank n'avait pas pu mener à bien dans certains cas. Seul le premier tome de ce travail a paru à ce jour. Ce travail reprend également les travaux d'autographie et d'édition de Schneider et de celle de Francis Johannès, « Textes néo-babyloniens de Strasbourg », parus dans Revue d'assyriologie, année 1980, p. 145-169.

Vie de la collection
La collection est conservée au sein des fonds papyrologiques et égyptologiques de la BNU et se consulte dans les mêmes conditions que les fonds de papyrus ou de monnaies (le jeudi de 9h à 12h ou sur rendez-vous).
L'exposition Des signes et des mots : l'écriture des origines au Moyen âge. Strasbourg : Musées, 2003, a  présenté plusieurs documents cunéiformes : tablettes, clou de fondation, sceau cylindrique, présentés par Dominique Beyer, professeur en assyriologie à l'Université de Strasbourg.

Compléments à la collection
A cette collection de tablettes s'ajoutent d'une part une brique estampée de Nebuchadnezzar (Nabuchodonosor II), qui a été publiée par Jànos Everling en 2000 ainsi qu'une collection de 15 sceaux cylindriques en pierre dure, publiés par Frank, de leurs empreintes, et de plusieurs dizaines d'autres empreintes de sceaux cylindriques et non-cylindriques appartenant à des collections diverses (Winner, Sigmaringen, Schroeder-Beirut, Speor-Jerusalem, Cesnola-Metropolitan Museum...).

Document cunéiformeDocument cunéiforme

Comme c'est le cas également pour les collections papyrologiques de la BNU, cette collection a pour qualité principale de couvrir toute l'histoire trimillénaire de la Mésopotamie, depuis la période des dynasties archaïques II (vers 2700-2600) jusqu'à l'empire néo-babylonien, et d'autre part de contenir des documents de genres littéraires et de types très divers quant aux fonctions, aux supports etc. Ces aspects en font une collection représentative de ces civilisations.


Projet de numérisation
La collection de documents cunéiformes de la BNU a récemment fait l'objet d'une campagne de numérisation menée dans le cadre de la Cuneiform Digital Library Initiative co-pilotée par l'Université de Californie Los Angeles (Etats-Unis) et le Max-Plank Institut (Allemagne). L'ensemble de ces documents est désormais consultable à l'adresse : http://cdli.ucla.edu/collections/strasbourg/bnus_fr.html.
Retrouvez ci-dessous le communiqué de presse diffusé à cette occasion.

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Numérisation des collections cunéiformes.pdf222.82 Ko
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