4. Kompanie, 2. bayerische Landwehr-Infanterie-Regiment

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Création, périodicité et durée
Ce journal de tranchées publié dans les Vosges par Max Edmeier, vice-adjudant de
la 4e compagnie du 2nd régiment bavarois de
Landwehr-Infanterie, et dont le premier numéro parut le 14 septembre 1914, est
sans doute le 1er journal du front allemand. Sa naissance et son
histoire sont mieux connus grâce à l'ouvrage que publia son fondateur (Entstehung
und Weiterentwicklung der ersten Schützengrabenzeitung und
Schützengrabenverlagsanstalt). Edmeier y raconte qu'ayant avec succès
affiché des poésies sur un arbre, il entendit parler des journaux du front des
guerres précédentes à la Schreibstube (salle d'écriture) de la
compagnie. Il écrivit alors 4 pages destinées à un petit journal qu'il nomma Hohnacker
neueste Nachrichten, du nom des monts Hohnack (Vosges) où stationnait
la compagnie. Ce nom dut ensuite être changé en Der bayerische Landwehrmann
lorsqu'en décembre 1914 la troupe fit mouvement vers la Belgique, près
d'Anvers, au fort Truybecke, puis dans la Somme, près de Somme-Py.
Ce n'est qu'après l'hiver 1914-1915, et avec le numéro 14, que la compagnie et
le journal retournèrent dans les Vosges.
La parution en fut toujours irrégulière (tous les 10 à 14 jours lorsque le
régiment se réinstalla dans les Vosges en 1915). Il compte en règle générale 4
pages.
Premier journal de tranchées allemand, le Bayerische Landwehrmann est
aussi celui qui dura le plus longtemps, puisque son dernier numéro (n° 11 de
1918) parut après la fin des combats.
Fabrication, tirage et diffusion
Le premier numéro du journal se présentait sous la forme d'une feuille de papier
pliée en quatre. Jusqu'au n° 19, il fut hectographié (impression sur pâte de
gélatine), avec au départ un tirage d'environ 80 exemplaires. En octobre 1914,
le major Kehl, ayant eu vent du succès du journal, fournit à la rédaction un
nouvel hectographe qui permit d'améliorer la qualité et d'augmenter le tirage.
Lorsque le régiment arriva ensuite à Somme-Py, Edmeier, qui avait été fait
adjudant en Belgique, prit ses quartiers dans un abri souterrain et y installa
la rédaction du journal. Le papier vint rapidement à manquer, mais l'intendant
de la compagnie le lui fournit, sans toutefois pouvoir retrouver le format
initial. Edmeier décida donc d'agrandir le format du journal et – au moyen d'un
nouvel hectographe –, d'y inclure des illustrations.
Au retour dans les Vosges, après le n°19, l'hectographe commença à mal
fonctionner. Comme il n'était possible de se procurer une nouvelle machine que
dans la ville voisine, à 5 heures de marche, Seidenfluss, illustrateur du
journal et lithographe de profession, proposa de lithographier le journal. Cela
permit d'accroître le tirage du journal (1300 exemplaires) qui, de journal d'un
bataillon, devint le journal de tout le régiment, puis de toute la brigade. La
vente aux populations civiles fit monter le tirage à 1500 exemplaires, puis, du
fait de la demande émanant d'autres corps de troupes, dépassa les 1600
exemplaires. L'interdiction par le chef de la police militaire de la
Armeeabteilung Gaede de la vente aux populations civiles, puis la création par
le 1er Régiment bavarois d'infanterie du Drahtverhau,
fit ensuite redecendre le tirage à 1300 exemplaires.
En 1916, le renfort de plusieurs illustrateurs permit de nouveau au journal
d'étendre sa diffusion et d'être lu jusqu'à l'échelle de la division et même du
corps d'armée. Le tirage atteignit 2000 exemplaires, puis, selon les aléas de
la guerre, varia entre 1600 et 2000. Edmeier obtint en outre du commandement de
l'armée l'autorisation de vendre de nouveau le journal aux populations civiles.
En 1918, un certain Wadenspanner est identifié comme le Drucker (imprimeur)
de la rédaction.
Le journal était vendu au prix de 10 Pfennig sur le front et de 20 à l’arrière.
Rédaction et illustrations
La rédaction en chef du journal était assurée par son fondateur, Max Edmeier,
assisté du sous-officier Stegmiller, du caporal Josef Girl, et du soldat
cycliste L. Neumayr.
Lorsque le journal devint illustré en décembre 1914, l'iconographie fut confiée
au dessinateur et peintre munichois Wolfgang Wagner, qui, gravement blessé peu
après, ne put fournir qu'une seule image (il ne fournit de nouveaux dessins
qu'en 1918). Il fut remplacé par le peintre Nick. Schmid, qui dessina en outre
des cartes postales à l'encre hectographiée, qu'Edmeier reproduit. Mais Schmid fut
tué lors d'une offensive des Français. Au retour dans les Vosges,
l'illustration de première page du n° 14 (1915) fut réalisée par Seidenfluss,
un jeune réserviste, dessinateur et lithographe à Kaufbeuren (Souabe
bavaroise). Il fut le seul collaborateur artistique du journal jusqu'en mars
1916, Edmeier en étant le rédacteur.
Lorsqu'en 1916 Seidenfluss tomba malade, l'iconographie fut prise en charge par
trois artistes munichois récemment intégrés au régiment (le peintre et
sculpteur Josef Kopp – également collaborateur du
Bayerische Landwehr–, le peintre et lithographe Walter Püttner
et le peintre C. Hornung), par le caricaturiste Greiner Wiggerl, par les
peintres Anton Reinbold (également collaborateur du
Bayerische Landwehr et du Drahtverhau)
et Georg Höhmann (également collaborateur du Drahtverhau),
par le sergent Seb. Mayr et par le Lieutenant M. Kölz. Les oeuvres du
dessinateur Willi Köberlein, elles, ne plurent pas, et furent abandonnées.
Le textes étaient le plus souvent l'oeuvre de Max Edmeier, du caricaturiste
Greiner Wiggerl et du vice-adjudant L. Hohl, tous trois membres du comité de
rédaction. On trouve en outre des contributions du lieutenant colonel Hermann
Böning, de A. Dichtl, du capitaine Engelhardt, de Carl Frahne, du caporal Willi
Grunow, de L. Greiner, de R. Hempel, de Ludwig Langreiner, du
lieutenant-colonel Oppert, du réserviste W. Reinhardt.
Enfin, comme pour nombre de Schützengrabenzeitungen (journaux des
tranchées) des Vosges repris en main par la Feldpressestelle (Office
central de la presse du front), le journal intégra à partir de 1917 de plus en
plus de textes rédigés par des auteurs travaillant pour de nombreux journaux du
front (l'écrivain Josef Buchhorn, le poète et banquier Hanns Glückstein et le
lieutenant Otto Riebicke) et des articles émanant de la Feldpressestelle
elle-même.
Évolutions et curiosités à noter
Au début de son existence, et alors que la guerre est encore une guerre de
mouvement, le lieu de publication du journal varie en fonction des déplacements
de la troupe : le n° 1, du 14 septembre 1914, dans les Vosges (Monts Honack),
le n° 3, du 23 octobre 1914, à Fort Truybecke (Belgique), les numéros 4 à 6
(novembre et décembre 1914) à Zwyndrecht (Belgique), le n°7 (17 décembre) à
Somme-Py (Somme), le n° 8 dans les tranchées près de Souain-Perthes-lès-Hurlus
(Marne), les numéros 9 à 13 (de janvier à mars 1915) à Somme-Py, puis, à partir
du n° 14 de 1915 de nouveau dans les Vosges.
Parmi les numéros à noter : le n° 7 conçu comme un Hindenburg-Nummer,
avec un portrait de ce dernier en couverture ; le n° 8 de 1914, Weihnachtsnummer
(numéro de Noël) avec, en quatrième de couverture, l' annonce du décès au
combat d'un collaborateur ; le n° 9 consacré à l'anniversaire du roi Louis III
de Bavière, le n° 10 dédié au chef de la brigade, le Generalleutnant von
Eichhorn ; le n°11, numéro spécial pour l'anniversaire du Kaiser ; le n° 14 de
1915, qui fête le retour du régiment dans les Vosges.
On notera également le n° 5 de 1918, qui contient de violentes charges contre
les grèves des ouvriers des usines de munitions. La censure, n'ayant pu le
retirer avant sa diffusion, signale à la une par un tampon qu'elle n'a autorisé
sa diffusion qu'avec de fortes réserves.
En outre, Max Edmeier est aussi le fondateur d'une maison d'édition des
tranchées (Erste deutsche Schützengraben-Verlagsanstalt) qui, outre le Bayerische
Landwehrmann, a également publié des chansons, des recueils de cartes
postales illustrées par Nick. Schmid, par Jos. Reimann, et par Josef Kopp (Künstler
Postkarten aus dem Felde), du papier à lettres, un recueil de poésies (Von
der Front für die Front. Ernste und heitere Kriegsgedichte), un recueil
de caricatures de Greiner Wiggerl (20 lustige Kriegsbilderbogen von Greiner
Wiggerl) et un recueil illustré d'histoires drôles (Eine Feldmütze voll
Feldwitze) d'un certain Toni Hermann.
Corpus numérisé :
N°s 1 (1914) à 2 (1918)
Cote(s) BNU :
D.11.986