Les collections de la BNU sont, avec un total d'environ 300 000 documents publiés avant 1800, particulièrement remarquables pour les époques médiévale et moderne. Au regard de l'ampleur de cette collection, la BNU conduit une politique de numérisation sélective, sur des corpus ciblés : manuscrits médiévaux, livres alsaciens du 16e siècle principalement. D'autres ouvrages du Moyen-Âge ou de l'époque moderne sont numérisés dans le cadre de programmes thématiques relatifs aux domaines d'excellence de la BNU, notamment en sciences religieuses. Ces programmes sont complétés par une numérisation régulière des nouvelles acquisitions patrimoniales réalisées chaque année par l'établissement. 

1. Manuscrits médiévaux de la BNU :

La BNU, bien que de fondation récente, a pu acquérir une collection d'environ 700 manuscrits médiévaux. Provenant d'achats, de dons, de dépôts, ces documents ont pour la plupart un point d'attache régional. Mais c'est une collection encyclopédique et d'importance mondiale, car elle rassemble des richesses non seulement occidentales mais aussi orientales. Elle s’accroît régulièrement par achats, dons ou dépôts. Une petite partie seulement de cette riche collection est aujourd’hui numérisée, dont notamment les manuscrits de la Mystique rhénane.

Mansucrit allemand, Vie du bienheureux Henri Suso, XIVe siècleMansucrit allemand, Vie du bienheureux Henri Suso, XIVe siècle

Les manuscrits de la BNU les plus remarquables par leur ancienneté, leur contenu ou leurs enluminures ont été partiellement ou totalement numérisés en 2010 par l'Institut de Recherche et d'Histoire des Textes (IRHT), unité de recherche du CNRS. Les reproductions sur papier calque ou les gravures réalisées à partir du célèbre manuscrit disparu en 1870, le Hortus deliciarum, de Herrade de Landsberg, ont également été pris en compte dans ce programme. 

Manuscrit latin, SS. Hieronymi, Augustini, etc. opera theologica, XVe siècleManuscrit latin, SS. Hieronymi, Augustini, etc. opera theologica, XVe siècle

2. Livres alsaciens du 16e siècle :

Au 16e siècle, Strasbourg était un des lieux d'imprimerie les plus importants d'Europe, et d'autres villes d'Alsace ont hébergé aussi des imprimeurs. La BNU tente depuis plus d'un siècle de reconstituer le corpus complet des imprimés alsaciens de ce siècle, grâce à une politique d'acquisition active qui permet d'enrichir le fonds très régulièrement. En parallèle, elle souhaite mettre en valeur ce patrimoine exceptionnel en numérisant progressivement l'intégralité de ce fonds, en commençant en 2012 par les ouvrages non encore numérisés par d'autres établissements.

A l’ouverture de Numistral (octobre 2013), 194 ouvrages sont accessibles en ligne. A terme, ce sont plus d’un millier de livres qui seront concernés par l’opération.

Othon Brunfels, Eyn newe Badenfart : Von allerhand auszerwelten wasser vnd schweyss Bädern, für allerley siechtagen: im oder ... : ein kurtzer bericht,Strassburg, Cammerlander, 1538.Othon Brunfels, Eyn newe Badenfart : Von allerhand auszerwelten wasser vnd schweyss Bädern, für allerley siechtagen: im oder ... : ein kurtzer bericht,Strassburg, Cammerlander, 1538.

3. Incunables d'Eggestein :

Heinrich Eggestein (c. 1420 - c. 1488, actif comme imprimeur de 1466 à 1484 à Strasbourg) est un des deux premiers imprimeurs alsaciens. Natif de Rosheim, il fut magister philosophiae et artium liberalium, et entra au service de l'évêque Ruprecht, comme garde des sceaux. A partir de 1459, il aurait travaillé auprès de Johann Mentelin, sans doute comme prote. Mais il est très probable qu'il ait été en contact direct avec Gutenberg dans la capitale alsacienne puis ailleurs, dans les années 1442 à 1459. Il fonda en tout cas en 1464 à Strasbourg une imprimerie d'où sortirent en premier lieu une Bible latine à 45 lignes, parue au printemps 1466. Ses premiers livres datés par leur colophon paraissent à partir de 1470. La BNU possède 34 imprimés (exemplaires et volumes) de Eggestein et a numérisé de sa propre initiative ces incunables non pas dans leur entier mais en choisissant les parties les plus remarquables de chacun d'eux : en premier lieu l'incipit et l'explicit, puis les parties  introductives, les index, les tables des matières, les lettres ornées ou lettrines, et dans certains cas les pages de garde ou les contreplats, porteurs de textes hétérogènes, parfois quelques détails de reliure d'origine ou supposés tels. Ces éléments mettent en valeur la qualité du travail de cet imprimeur, qui utilisait souvent l'encre noire et l'encre rouge, et montrent la complexité de la mise en page des ouvrages scientifiques et glosés en cette fin du Moyen âge. Les exemples de décors (rubriques, enluminures) ou encore les annotations laissées par les lecteurs et les possesseurs de ces livres au cours de l'histoire sont autant de facettes qui enrichissent encore ce corpus.

La numérisation du reste de la collection se poursuit régulièrement au sein de la BNU.

Les manuscrits médiévaux numérisés sont aujourd’hui consultables sur Numistral ainsi que sur la Bibliothèque Virtuelle des Manuscrits médiévaux (BVMM) de l’IRHT, bien sûr sur Gallica et sur Calames.


Share this