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La Revue de la Bnu n° 16

Revue de la Bnu

Soixante ans après le traité de Rome, l’avenir de l’Union s’écrit désormais à vingt-sept. Derrière ce chiffre, somme toute considérable, apparaît un ensemble démographique, économique et culturel qui ne l’est pas moins, se lit aussi une histoire commune qui s’est constituée par vagues successives et continue d’impacter la manière dont chaque pays, chaque aire linguistique ou culturelle ressent sa propre appartenance à l’Union. Derrière le chiffre des 27 se laisse aussi deviner, aujourd’hui encore et malgré toutes les conséquences de la mondialisation, une mosaïque dont rend bien compte la devise adoptée par l’UE et officiellement proclamée en 2000 par le parlement européen, In varietate concordia ou, pour le dire dans sa traduction française officielle, Unie dans la diversité.

Arrêts sur vingt-sept images de l'Europe

Description

L’angle choisi pour construire ce numéro atypique par rapport au format habituel de La Revue a été le suivant : il s’agissait de (re)présenter chaque pays de l’actuelle UE par un document emblématique – de sa construction politique, de sa construction mentale ou culturelle, ou encore de sa contribution à l’idée européenne. Chaque document donne ainsi une image, ou mieux, opère un arrêt sur une image du pays concerné, qui ne saurait le résumer, mais est chaque fois, pensons-nous, suffisamment explicite pour évoquer sa singularité comme sa participation au « concert des nations » européennes. Il va de soi que le hasard (présence ou non d’un document dans les collections de la Bnu) et la subjectivité, inévitable, du commentateur ont joué leur rôle … Il n’en demeure pas moins que dans le portrait de l’Europe qui s’esquisse à la fin de la lecture, apparaissent des leitmotivs qui pourraient bien avoir sous-entendu la construction de l’Union, voire constituer les bases plus ou moins conscientes qui forgent notre sentiment d’appartenance à cette communauté continentale.

Les vingt-sept arrêts sur image présentés dans ce numéro sont riches, aussi de cette multiplicité de points de vue. Le choix des documents engage, fait émerger des visions contrastées de l’Europe et de sa construction, et rappelle, au moment où des volontés séparatistes se font jour au sein même des États membres, qu’en politique rien n’est jamais acquis. Mais en même temps, ces vingt-sept images si diverses par leurs époques, leurs supports, leur diffusion ou leurs commanditaires nous montrent aussi l’impossibilité de rompre les liens organiques qu’ont forgés des siècles de construction culturelle commune – la référence antique, les modes de diffusion des savoirs, l’héritage des mouvements intellectuels ou religieux, des conflits et des révolutions.

Bnu éditions, automne 2017 | Livre broché | 21x27 cm. | 120 p. | 15€

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ISBN
978-2-85923-067-8
Année de publication

Sommaire

Allemagne : Au loin, l’Allemagne : trames narratives d’une carte postale (Alexandre Kostka)
Autriche : Stefan Zweig, l’Européen antipolitique : une lettre inédite à René Schickele (Jacques Le Rider)
Belgique : Le Lion de Flandre d’Henri Conscience : un destin européen (Roberto Dagnino)
Bulgarie : L’héritage byzantin de l’Europe : un recueil rare de photographies anciennes sur la Bulgarie (Catherine Vanderheyde)
Chypre : Citrons acides au goût aigre : la lutte chypriote pour l’indépendance (1955-1959) vue par Lawrence Durrell (Maria Zerva et Panagiota Anagnostou)
Croatie : Conversation agréable du peuple slave d’Andrija Kačić Miošić : éveil d’une conscience nationale (Dmitry Kudryashov et Catherine Soulé-Sandic)
Danemark : Un Européen danois, Saxo Grammaticus (Thomas Mohnike)
Espagne : Au cœur de l’Europe, le Quichotte (Marie-Hélène Maux)
Estonie : Les contes d’un auteur engagé (Maurice Carrez)
Finlande : Littérature, humanisme et politique : Ici, sous l’étoile polaire de Väinö Linna (Maurice Carrez)
France : Le grand dessein d’Henri IV (Blandine Kriegel)
Grèce : La Grèce moderne : une carte en 20 feuilles réalisée par le Service historique de l’armée de terre française, éditée en 1852 (Panagiota Anagnostou et Maria Zerva)
Hongrie : L’Europe de Melchior Junius (István Monok)
Irlande : La musique au service de l’éveil de la nation irlandaise : The Spirit of the Nation (Pauline Collombier-Lakeman)
Italie : Le « Manifeste de Ventotene » (Andrea Becherucci et Josep Torn)
Lettonie : La collecte des « Dainas » par Krišjānis Barons (Julien Gueslin)
Lituanie : Vera Bakšytė, langue et survie d’un peuple (Philippe Edel)
Luxembourg : Le Codex Mariendalensis, texte fondateur de la littérature luxembourgeoise (Jean Portante)
Malte : Le cartographe maltais Giovanni Miriti (Joseph Schirò)
Pays-Bas : La « banane bleue » ne compte pas pour des prunes : les Pays-Bas, l’Alsace et l’espace rhénan (Thomas Beaufils)
Pologne : La force de la tranquilité (Malgorzata Praczyk)
Portugal : Die Lusiade de Luis de Camões, entre tradition et modernité (Amélia Costa da Silva)
République Tchèque : Le plus européen des Tchèques : Jan Amos Comenius (1592-1670) (Claire Madl)
Roumanie : Un « trésor infini de beauté originale » : le premier recueil de chants populaires roumains (Ana-Maria Gîrleanu-Guichard)
Slovaquie : Milan Rastislav Štefánik, personnage central de l’histoire slovaque (Michal Kšiňan)
Slovénie : Primož Trubar, le « Luther slovène » (Jonatan Vinkler)
Suède : Nos ancêtres les Goths (Thomas Mohnike)