Journée d'étude | L'Europe médiane

Journée d'étude
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Cette journée d’étude a pour sujet « Temps et expérience des temporalités de l’Europe médiane à l’époque contemporaine : sur les traces de mondes vécus ». En collaboration avec l'Université de Strasbourg et le CNRS. 

L’EUROPE MÉDIANE | SUR LES TRACES DE MONDES VÉCUS

ÉVÉNEMENT ANNULÉ
En raison des préconisations gouvernementales, la Bnu annule ses manifestations culturelles jusqu'au 15 avril inclus. 
Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée.

Temps et expérience des temporalités de l’Europe médiane à l’époque contemporaine
Sur les traces de mondes vécus

Parler de temps en histoire est une chose à la fois extrêmement simple et compliquée. De toute évidence, le temps constitue le « pain quotidien de l’historien ». Le temps que l’historien étudie est déjà accompli, déjà écoulé et il est reconstruit en fonction des enjeux du présent. Tous les images qui cherchent à nous rendre visibles le temps – une horloge, un calendrier, une flèche, un cours d’eau – désignent un espace ou un objet qui renvoie à l’idée que les hommes sont immergés consciemment ou non dans un temps historique universel auquel que nul ne peut s’évader. La phénoménologie husserlienne conçoit le présent comme un flux, Schiller comme une « flèche » qui s’enfuit, Hans Günter Hockert comme une « gare de triage » dans laquelle entrent des trains de provenances différentes et dont le trajet a été plus ou moins long. 

Les anthropologues et les sociologues ont montré que le temps est avant tout une expérience individuelle articulant conscience et corps, ce que Thomas Luckmann qualifie de « temps intérieur . »  Celui-ci s’inscrit dans une forme standardisée universelle qu’est le temps physique mesurable et contrôlable par la science, ce que R. Koselleck appelle le « temps naturel  ». Derrière cette convention partagée qu’est le temps international se cachent une multitude de temporalités sociales (G. Gurvitch en distinguait huit ) qui structurent à différentes échelles les États-nations, les institutions, les sociétés et donc les individus: les temps de l’école, de l’usine, des institutions politiques, des médias illustrent l’hétérogénéité des logiques sociales et le besoin d’articulation de ces dernières dans la vie quotidienne pour construire un « temps commun » (Luckmann).

L’objectif de cette journée d’étude est de réfléchir à la question des temporalités à l’échelle de l’Europe médiane en partant de l’idée déjà formulée dans les années 1980 par K. Pomian selon laquelle « l’essence du temps, c’est qu’il n’y a que des temps.  » Par temporalités historiques, on entendra les expériences du temps éprouvées par des acteurs historiques inscrits dans des configurations institutionnelles, sociales ou politiques qui ont leur rythme propre. Si le temps naturel – comprenez temps universel coordonné – est commun à l’ensemble des individus vivant sur terre, les temps historiques sont multiples car ce sont des constructions sociales globales qui expriment le fonctionnement de tel ou tel monde vécu.

Vendredi 27 mars 2020 de 10h à 17h30 | Salle de réunion, 2e étage à la Bnu
Entrée libre, sans inscription. 

PROGRAMME 

10h à 10h30


INTRODUCTION

 Histoire et temporalités historiques
par Emmanuel Droit
(IEP-DynamE)
 

10h45 à 12h30


LES TEMPORALITÉS DES SORTIES DE GUERRE

 L'emboîtement des temporalités au travers de l'exemple d'une commune rurale finlandaise lors de la révolution de 1918  
par Maurice Carrez
(IEP-DynamE)

Sortie de guerre, sortie du stalinisme : les épurations soviétiques
par Emilia Koustova
(Etudes slaves-GEO)

14h00 à 15h30


PENSER LE TEMPS D'APRÈS

La Shoah dans le prétoire : juger les collaborateurs des nazis
en Pologne dans les années 1960 

par Audrey Kichelewski
(Histoire-ARCHE)

Andrzej Lepper, ou les contraintes temporelles de l’investissement militant dans la Pologne ‘’post-communiste’’
par Cédric Pellen
(CUEJ-SAGE)
 

16h à 17h30


LES DÉCALAGES TEMPORELS EST-OUEST

Révolution et accélération du temps en Bohême du nord-est. Une micro-histoire des années 1905-1921
Ségolène Plyer
(Histoire-ARCHE)

Le temps du patrimoine. Décalages Est – Ouest à l’exemple de l’héritage culturel allemand à Strasbourg et Poznan 
Alexandre Kostka
(LSHA-SAGE)