Un café dans la Forêt-Noire

Les actualités à la Bnu
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Tous les ans, le 11 juillet, l’Association Julius Euting fête l’anniversaire de ce savant qui travailla toute sa vie à la KULB (l’ancêtre de la Bnu).
 

Bandeau d'illustration de l'article de la commémoration de la mort de Julius Euting

Un mokka

L’Allemand Julius Euting (1839-1913), bibliothécaire et orientaliste reconnu en son temps, fut aussi l’un des fondateurs du Club vosgien et un infatigable randonneur. Il travailla de 1871 à 1909 dans ce qui n’était pas encore la BNU, et mourut à Strasbourg. Mais il fut enterré, selon ses souhaits, sur les crêtes de la Forêt-Noire, au-dessus du Ruhestein, où sa tombe est encore visible aujourd’hui. Peu avant sa mort, il avait instauré une fondation originale : chaque personne venant se recueillir sur sa tombe aurait droit à une tasse de café à l’auberge voisine. Quoique cette fondation n’existe plus aujourd’hui, l’Association Julius Euting perpétue son souvenir en organisant, chaque 11 juillet (jour de l’anniversaire d’Euting), une distribution de café à la turque (mokka) sur la tombe du savant. La Bnu, membre de l’association, y sera présente cette année, et Christophe Didier tiendra un discours sur les liens qui ont uni Euting et Strasbourg.
 

Julius Euting

Parler d’Euting à la Bnu, c’est évoquer la reconstruction de la bibliothèque à l’époque allemande, après la destruction, durant la guerre de 1870, de la bibliothèque historique de la ville de Strasbourg. En cinquante ans, elle devint l’une des grandes bibliothèques européennes, et la troisième en importance de l’Empire allemand de l’époque. Euting y contribua non seulement par son activité de bibliothécaire (c’est lui qui organisa le classement des livres), mais aussi comme savant et comme explorateur : de ses voyages en Egypte et en Arabie, il rapporta des objets et des estampages qui sont toujours à la Bnu, et contribua à la collection de papyrus, aujourd’hui la plus importante en France avec celle du Musée du Louvre. Aujourd’hui, l’Association Julius Euting travaille à maintenir vivant son héritage, à travers la publication ou la réédition de ses écrits. La Bnu est régulièrement associée à ces travaux, et tient aussi à marquer symboliquement les liens forts qui l’unissent au souvenir d’Euting.
 

Son testament

La Bnu conserve un grand nombre d’objets acquis par Euting dans le cadre de son activité professionnelle ou légués par lui. Son testament, encore conservé à la bibliothèque, confirme celle-ci comme destinataire de nombreux objets : estampages, photographies, moulages en plâtre, copies de monnaies en plâtre, cire, métal… Il faudrait y ajouter des manuscrits, de la correspondance, des estampilles en verre, les papyrus, les ostraca. Tous ces objets viennent, aujourd’hui encore, en appui à l’enseignement universitaire, mais ils contribuent aussi à faire de la Bnu un véritable musée de l’écrit, de ses origines à nos jours.