Discours d’inauguration du parcours proposé en R3, « Dialogues de Friederike Mayröcker et Andreas Grunert »

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Le parcours proposé en Réserve N°3 « Dialogues de Friederike Mayröcker et Andreas Grunert » a été inauguré le 7 avril dernier. Vous trouverez ci-dessous les discours de Françoise Lartillot et Aurélie Le Née ainsi que toutes les informations utiles pour réserver une visite. 

Exposition Dialogues

Un parcours en Réserve 3...

À l’occasion du 100e anniversaire de la naissance de Friederike Mayröcker, le parcours revient sur la collaboration artistique de l’écrivaine autrichienne avec l’artiste allemand Andreas Grunert, qui commence en 1993 et se prolonge par-delà le décès de l’auteure en 2021.
Ce parcours est ouvert du 12 avril au 31 mai 2025, uniquement en visites commentées et sur réservation.
Accéder au calendrier des visites : ici  

Exposition Dialogues / Dialoge Exposition Dialogues / Dialoge
©Ombeline Faure, Bnu

Kleine Wunder/ Petits miracles – par Aurélie Le Née

Ma collègue, Françoise Lartillot et moi-même, sommes très heureuses de pouvoir dire quelques mots introductifs à l’occasion du vernissage de l’exposition « Dialogues de Friederike Mayröcker et Andreas Grunert ». Après avoir été présentée de mi-janvier à mi-mars à la Bibliothèque universitaire de Metz, où elle a connu un grand succès, l’exposition arrive à la Bibliothèque nationale et universitaire où elle restera jusqu’au 27 mai pour le plus grand plaisir des Strasbourgeoises et Strasbourgeois.  
A l’occasion du centième anniversaire de la naissance de Friederike Mayröcker (le 20 décembre 1924/2024), et de la réédition sous la forme d’un très beau livre d’artiste de l’ouvrage 1 Nervensommer, point d’orgue du dialogue intermédial entre l’écrivaine autrichienne et le peintre allemand Andreas Grunert, l’idée a germé d’organiser une exposition sur la collaboration entre ces deux artistes qui développent des univers personnels, poétiques et à l’écoute de l’autre.  
L’exposition rassemble une trentaine d’œuvres d’Andreas Grunert structurées en deux ensembles : sur la grande table-vitrine, vous pouvez découvrir la série « Auf der Dorftstrasse » / « La rue du village », nous n’en dirons pas plus maintenant sur cette série qui va être présentée ensuite par des étudiantes de l’université de Strasbourg. En face est accroché le cycle 1 Nervensommer / 1 Eté nerveux, réalisé entre 2000 et 2006, qui complète un premier « été nerveux », réalisé en 1998 et 1999. Dans les vitrines sont présentés plusieurs ouvrages, témoignages d’un dialogue qui a commencé en 1993 avec la découverte par Friederike Mayröcker du carton d’invitation au vernissage d’une exposition d’Andreas Grunert (vous en trouvez une reproduction à la page 9 du livret) et se prolonge après le décès de l’autrice en 2021.  

Discours d’inauguration – par Françoise Lartillot

Le cycle 1 Nervensommer de 2000 à 2006, composé de 13 gravures, est présenté dans son intégralité dans le cadre de notre exposition itinérante messine et strasbourgeoise.  
Entre les « ailes à remorquer » (« gezogener Flügel ») d’Andreas Grunert (gravure n°3) et le « dressage » (« Dressur ») mayröckerien, il y a tout un réseau de sens, une allégorie, de la difficulté d’exister ici et maintenant. 
Pourtant, il y a d’autres connotations que l’on pourrait solliciter, celle peut-être que fait surgir la présence des chaussettes sur le tableau intitulé « des chaussettes épaisses trempées dans l’eau sombre » (« mit den schweren Socken ins dunkle Wasser ») de la gravure n° 5 ou encore la présence de la « goutte-framboise » (« Himbeertropfen ») qui perle au doigt du personnage tapi dans les sapins de la gravure n°6.  
On pourrait penser à l’intensité d’un petit miracle réconfortant, que pourtant, comme le dit Mayröcker de l’œuvre de Grunert, on perçoit comme par les yeux d’un fantôme. Sur les tableaux de la série exposée, ces petits éléments de « décor » sont presque sans couleur ou presque transparents, en partie grâce à la technique très originale du vernis mou.  
L’observateur est frappé par cette minutie, ainsi que par les effets d’écho entre les gravures, d’une part, et entre les textes et les gravures d’autre part. Chacun pourra à son tour entrer en dialogue avec l’œuvre et trouver ses « miracles ». 
Pour notre part, Aurélie Le Née et moi-même avons souvent vécu ce genre de miracles (petits ou grands) dans l’environnement d’Andreas Grunert et de Friederike Mayröcker, dont nous sommes reconnaissants. 
 

Exposition Dialogues / Dialoge Exposition Dialogues / Dialoge
©Ombeline Faure, Bnu

Remerciements

Nous remercions le peintre Andreas Grunert et sa femme Hanne Grunert qui nous ont fait l’amitié et l’honneur de venir non seulement installer les tableaux, non seulement nous les ont prêtés gracieusement mais en outre assistent ce soir au vernissage. 
Nous remercions le Consul général d’Autriche à Strasbourg, M. Andreas Lins, qui a soutenu notre entreprise avec intérêt et nous fait l’honneur de sa présence. 
Nous remercions de son soutien le Centre interdisciplinaire d’études et de recherches sur l’Allemagne, qui a accueilli le projet avec enthousiasme.  
Nous remercions les universités de Lorraine et de Strasbourg, le Centre d’études germaniques interculturelles de Lorraine et l’unité de recherche « Mondes germaniques et nord-européens » qui ont travaillé ici main dans la main. 
Nous remercions le Conseil de la Vie Universitaire de l’Université de Lorraine et le Service universitaire de l’action culturelle de l’Université de Strasbourg, qui ont soutenu le montage financier du projet. 
Nous remercions chaleureusement la BU de Metz et la BNU de Strasbourg qui accueillent chacune à leur tour cette exposition itinérante, en particulier aujourd’hui, le directeur de la BNU, M. Colas, ainsi que M. Wirrmann, Mme Therstappen et Mme Woessner. 
Nous remercions Rebecca Champenois, sans l’aide de laquelle le livret de l’exposition que vous avez en main et qui vous est offert à l’occasion de ce vernissage par l’université de Lorraine, n’existerait pas. 
Enfin, nous tenons à remercier très vivement les étudiantes et étudiants de Metz et de Strasbourg qui ont contribué à ce projet par la traduction du panneau de présentation, de titres d’œuvres et par des lectures lors des vernissages : Solenne Jaquin, Noah Lacour, Maria Menta à Metz, Carole Ludwig et Odilia Montag ce soir à Strasbourg, ainsi que notre lectrice ÖaD Karin Heiling, qui a accepté de lire les textes de Friederike Mayröcker avec les étudiantes.  
Françoise Lartillot et moi-même vous remercions de votre attention. Nous vous souhaitons une bonne soirée en compagnie des œuvres de deux artistes et en présence d’Andreas Grunert, qui dédicacera volontiers des exemplaires du très bel ouvrage 1 Nervensommer à l’issue du vernissage.