Le concert des anges : le discours d’inauguration de Yuko Katsutani

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L’exposition Le concert des anges est ouverte au public depuis le vendredi 19 septembre. Vous retrouverez dans cet article le discours de Yuko Katsutani, commissaire principale, prononcé à l’occasion du vernissage le jeudi 18 septembre.

Photo de Yuko Katsutani lors du vernissage de l'exposition "Le Concert des Anges"

le discours d’inauguration de Yuko Katsutani

Chers collègues, chers amis,
Mesdames, Messieurs,
Je tiens à vous exprimer toute ma gratitude pour votre présence ce soir à l’ouverture de l’exposition « Le Concert des Anges » à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg.
L’idée de cette exposition est née d’une interrogation qui m’accompagne depuis longtemps :
— Que signifie la musique des anges représentée dans l’art médiéval, et quel message peut-elle encore transmettre à notre époque ?
Les anges musiciens représentés dans les fresques, les sculptures ou les manuscrits ne sont pas de simples ornements. Ils incarnent une prière silencieuse, une vibration spirituelle, un lien entre le monde terrestre et le monde céleste.
C’est le désir de faire résonner à nouveau ces « voix des Anges » qui a constitué le point de départ de cette aventure.
Un jalon particulièrement important de ce parcours a été mon travail de doctorat à l'Université de Strasbourg et à l'Université Waseda à Tokyo, consacré aux peintures murales de Saint-Bonnet-le-Château, publié en 2021.
Dès 2014, Olivier Féraud avait entrepris de reconstituer les instruments représentés dans ces fresques et il m’avait contactée à ce sujet quand j’étais encore doctorante. C’est ainsi que notre collaboration a commencé. Après la soutenance de ma thèse en 2019 à l'Université de Strasbourg, nous avons pu poursuivre cette recherche grâce au soutien de la societe japonaise de la promotion de la science, l’équivalent du CNRS et de la Fondation japonaise Suntory.
Le travail de facture instrumentale d’Olivier, ainsi que les activités musicales qui ont suivi avec ces instruments recréés, ont été une source d’inspiration inestimable pour ce projet.
En 2020, j’ai présenté cette initiative à Carola Hertel, musicologue à l’Université de Strasbourg, qui m’accompagne depuis lors. Son solide savoir scientifique, en particulier dans le domaine de la musicologie, a donné à ce projet une profondeur et une base académique indispensables.
Je voudrais donc exprimer ma profonde gratitude à mes deux co-commissaires, Carola Hertel et Olivier Féraud. Leur passion, leur rigueur et leur dévouement ont été pour moi une source d’inspiration constante.
Je souhaite également adresser mes remerciements les plus sincères à la BNU, qui a soutenu ce projet avec force et conviction.
Je pense en particulier à Benoît Wirrmann, responsable du service Culture et Médiation. Son engagement personnel, son énergie inlassable et son souci du détail ont accompagné chaque étape de cette aventure. Sans son travail considérable, ce projet n’aurait jamais atteint une telle ampleur.
Je remercie également Monsieur Alain Colas, directeur de la Bnu, qui a accueilli ce projet avec chaleur et lui a apporté un soutien décisif au plus haut niveau de l’institution ainsi que Monsieur Jérôme Schweitzer, responsable du Pôle Cultures et savoirs, dont la coordination générale a été exemplaire.
Cette exposition n’aurait pas pu voir le jour sans l’apport de nombreux chercheurs et collaborateurs.
Je souhaite tout particulièrement saluer les quinze auteurs qui ont contribué au catalogue, issus de disciplines diverses : théologie, histoire de l’art, musicologie, technologies numériques, ainsi que facture instrumentale et archéo-lutherie. La richesse de leurs perspectives et la complémentarité de leurs savoirs ont donné à ce projet sa véritable dimension interdisciplinaire.
Je voudrais également mettre en lumière le rôle de l’ITEMM – Institut technologique européen des métiers de la musique, basé au Mans.
Grâce à ses compétences et à l’usage de technologies de pointe — numérisation 3D, modélisation acoustique, restitution sonore —, certains instruments médiévaux ont pu être recréés avec une précision inédite. En alliant l’artisanat traditionnel du luthier et les innovations scientifiques les plus récentes, ils ont rendu aux instruments non seulement leur forme, mais aussi leur voix.
Cette exposition est véritablement le fruit d’un travail collectif : chercheurs, graphistes, techniciens, assistance, tous ont uni leurs efforts. À chacun d’eux, j’adresse mes remerciements les plus sincères.
Pour conclure, je voudrais m’adresser à vous, chers invités. Une exposition n’existe vraiment que dans la rencontre entre les œuvres et le regard de ceux qui les contemplent. J’espère que, tout au long de ce parcours, vous saurez écouter le murmure des anges, percevoir l’écho d’instruments anciens, et ressentir en vous cette musique céleste que les hommes du Moyen Âge avaient rêvée.