Le Conseil scientifique, acteur stratégique de la Bnu : les premières réflexions de Nicolas Tocquer

Les actualités à la Bnu
Publié le

Le 22 mai 2026, Nicolas Tocquer, directeur de la Bibliothèque nationale et universitaire depuis le 1er janvier, a participé pour la première fois à une séance du Conseil scientifique. À cette occasion, il a partagé sa vision du rôle stratégique de cette instance au sein de la gouvernance de l'établissement.

Une instance au cœur de la politique scientifique

La Bnu dispose de quatre instances statutaires : le Conseil d'administration (CA), qui pose les actes réglementaires ; le Conseil scientifique (CS), qui émet des avis et oriente la politique scientifique ; le Conseil social d'administration (CSA) et la Commission consultative paritaire (CCP), qui organisent le dialogue social. Dans ce quadriptyque, le CS occupe une place centrale sur le plan stratégique.

Afin de renforcer les liens entre ces instances, Nicolas Tocquer a proposé que le président du CS intervienne au moins une fois par an devant le Conseil d'administration pour y présenter les travaux du Conseil scientifique. Une façon concrète de fluidifier le dialogue entre les différents organes de gouvernance.

Acquisitions, résidences, édition, science ouverte

Qu'entend-on par « politique scientifique » pour un établissement comme la Bnu ? Nicolas Tocquer a rappelé les différents champs qui en relèvent : les acquisitions patrimoniales, les résidences de chercheurs, la participation à des appels à projets — à l'image du projet ReligiS, consacré à la transformation du fait religieux dans le monde contemporain —, la ligne éditoriale de la revue de la Bnu et des catalogues d'exposition, mais aussi la science ouverte, les partenariats européens et internationaux, ou encore les recherches coopératives et participatives.

La Bnu comme incubateur de recherche

Au-delà des actions et des projets, Nicolas Tocquer a insisté sur la nécessité de dégager des lignes de force thématiques, étroitement liées aux collections, pour singulariser la Bnu comme acteur de la recherche à part entière. Il a souligné la richesse des compétences scientifiques en interne, qui peuvent être pleinement mise au service de la dynamique intellectuelle de l'établissement, en lien avec les laboratoires, les réseaux de coopération et les dispositifs partenariaux.

Valoriser et rendre la recherche accessible

Faire de la recherche, c'est aussi la diffuser. Le directeur a rappelé l'importance des expositions et de leurs catalogues, qui donnent à la Bnu sa crédibilité et sa stature. Il a également évoqué les événements scientifiques — journées d'étude, colloques, conférences — comme autant d'instruments pour éclairer le débat public et renforcer le lien entre sciences et société.

L'intelligence artificielle, enjeu majeur pour les humanités numériques 

Enfin, Nicolas Tocquer a souhaité attirer l'attention du Conseil scientifique sur l'essor des grands modèles de langage (LLM) et des outils d'intelligence artificielle, qui confèrent aux humanités numériques une actualité brûlante. Collecte et traitement de données, fouille de textes, déchiffrement d'écritures anciennes, indexation automatique de corpus iconographiques — la Bnu est déjà engagée sur ces terrains, notamment avec un projet autour des Métamorphoses d'Ovide, en partenariat avec la BnF. Dans ce contexte d'incertitude porteuse de promesses, l'expertise des membres du CS sera, un atout précieux pour l'établissement.

Nicolas Tocquer a conclu son propos en réaffirmant sa conviction que la Bnu a tous les moyens d'assumer pleinement ses responsabilités et de continuer à s'affirmer parmi les grandes institutions scientifiques européennes.