La Bnu présente à l'entrée de Marc Bloch au Panthéon

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Retour sur l'entrée au Panthéon de Marc Bloch, aux côtés de son épouse Simonne, le 23 juin 2026.

Le 23 juin 2026, la France a rendu à Marc Bloch l'un des plus grands hommages de la République : son entrée au Panthéon, aux côtés de son épouse Simonne. La Bnu était présente à cette cérémonie, et l'escalier monumental de son bâtiment — désormais l'un des emblèmes de la bibliothèque — a été projeté lors de la soirée, en écho au lien indéfectible qui unit l'historien à Strasbourg et à ses bibliothèques.

Un historien né à l'université de Strasbourg

Si Marc Bloch (1886-1944) est entré dans l'histoire comme le grand résistant fusillé par la Gestapo le 16 juin 1944, c'est à Strasbourg qu'il est devenu l'historien que l'on connaît. Nommé chargé de cours d'histoire du Moyen Âge à l'université de Strasbourg dès 1919, il y enseigne près de vingt ans, de 1919 à 1936, avec un bref retour en 1940-1941. Ses six enfants y naissent, il y soutient sa thèse, et c'est dans les murs de l'université alsacienne qu'il rédige une grande partie de son œuvre majeure, dont Les Rois thaumaturges. C'est également à Strasbourg qu'il fonde, avec Lucien Febvre, la revue des Annales d'histoire économique et sociale en 1929, qui allait profondément renouveler la pratique historique en l'ouvrant aux sciences sociales.

Cet ancrage strasbourgeois n'est pas un simple détail biographique : les années passées à Strasbourg sont précisément celles où Marc Bloch élabore la méthode et les intuitions qui feront de lui l'un des plus grands historiens du XXe siècle.

Une passion pour les bibliothèques

Marc Bloch avait pour les bibliothèques et pour les livres un attachement profond, presque intime — une passion qui a d'ailleurs fait l'objet, quelques jours avant la panthéonisation, d'une demi-journée d'études organisée à la BnF, « Marc Bloch à livre ouvert ». Travailleur infatigable des sources, il concevait la bibliothèque comme le laboratoire même du métier d'historien : le lieu où l'on confronte les documents, où l'on vérifie, où l'on doute avant d'affirmer. Cette exigence de rigueur, il en a fait une véritable éthique, celle-là même qu'il défendra jusque dans son Apologie pour l'histoire ou Métier d'historien, rédigé dans la clandestinité.

C'est ce lien entre l'historien et les bibliothèques que la Bnu a voulu honorer. Le 13 juin dernier, dix jours avant l'entrée au Panthéon, elle accueillait, en partenariat avec le Club Jacques Peirotes, les Rencontres strasbourgeoises autour de Marc Bloch : une journée de conférences et de témoignages réunissant historiens, enseignants et lycéens autour de la figure de l'historien-résistant. Dans son discours d'ouverture, le directeur de la Bnu, Nicolas Tocquer, rappelait combien Marc Bloch demeure lié aux bibliothèques, « notamment celle de Strasbourg où il enseigna près de vingt ans et écrivit une grande partie de son œuvre ».

Strasbourg à Paris, le temps d'une soirée

Le 23 juin, sur la place du Panthéon, la cérémonie présidée par le chef de l'État a rendu hommage à l'historien et au résistant. Ce soir-là, l'image de l'escalier monumental de la Bnu — signature architecturale du bâtiment né de la grande métamorphose de ses espaces intérieurs — a été projetée, portant jusqu'à Paris un peu de la ville où Marc Bloch avait choisi de devenir historien.

Une manière, pour la Bnu, de rappeler que l'entrée de Marc Bloch au Panthéon n'est pas seulement celle d'un grand résistant : c'est aussi celle d'un homme de bibliothèque, formé et révélé par vingt années passées à Strasbourg.