Jean Alessandrini, #AventuresAlphabétiques : l’exposition est ouverte. Venez...
Lundi 27 janvier, un peu en amont de l’ouverture aux publics, s’est déroulé le vernissage du parcours. Retrouvez ici quelques mots de Gwénaël Citérin, co-commissaire et responsable du domaine Arts et iconographie à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg. A voir à la #BNUStrasbourg, jusqu’au 22 mars 2025 ; du mercredi au samedi de 14h à 18h.
Extrait du discours d’inauguration – [Une exposition qui] « s’adresse autant au profane, au créateur - graphiste ou typographe -, qu’à la communauté des chercheurs ».
Cette première présentation des archives conservées à la Bnu s’adresse autant au profane, au créateur - graphiste ou typographe -, qu’à la communauté des chercheurs. Toutes et tous découvriront les traces d’un art comme il ne pratique plus, et plongeront dans une œuvre qui place son créateur parmi les grands graphistes-typographes du dernier demi-siècle. S’ouvre aujourd’hui la deuxième exposition de Jean Alessandrini à Strasbourg, mais la première à lui être entièrement consacrée, sous la bannière de Strasbourg Capitale mondiale du livre. En 2020, un choix de ses illustrations avait été montré chez nos voisins du Musée Tomi Ungerer.
L’exposition se veut le plus fidèle reflet du fonds de la Bnu. Si la présence de caractères typographiques dans une bibliothèque paraît de prime abord une évidence, peu de collections apparaissent en vérité dans les catalogues français. Le fonds Jean Alessandrini ne constitue pas un hapax, mais cette rareté mérite d’être soulignée.
Quand l’Espace Européen Gutenberg nous a signalé en 2021 que Jean cherchait une institution à même de conserver ses archives, la Bnu a de suite marqué son intérêt. Nos collections abritent en effet, dès l’origine, un musée de l’écrit, depuis les ostraca de Mésopotamie ou les papyrus égyptiens (chers à Jean) jusqu’aux manuscrits contemporains ou aux archives d’éditeurs, sans oublier la variété des écritures rassemblées au sein du fonds Soennecken. L’œuvre de Jean trouve ici sa juste place, sa cohérence dans une très longue histoire.Cet ensemble exceptionnel couvre la production de Jean Alessandrini depuis les années 1960. Il s’organise en quelques domaines autour desquels s’ordonne le parcours de l’exposition :
- L’œuvre typographique
Elle s’étend des années de formation aux expérimentations contemporaines, avec une période particulièrement riche de 1960 à 1985. Les caractères achevés sont accompagnés des travaux préparatoires qui ont été conservés pour les 2/3 d’entre eux, soit une quarantaine de typographies sur la soixantaine créée par Jean.- Le Codex 1980
Jean Alessandrini élabore sa classification des caractères typographiques à l’été 1979. Nous trouvons ici les archives du texte publié et des pièces qui documentant sa réception polémique. Elles sont accompagnées de la collection de « belles planches typographiées » à l’origine de la classification, ainsi que d’une riche documentation sur la typographie et son histoire.- Les mots-images
La totalité des mots-images conçus par Jean est versée au fonds. Ces créations originales allient la liberté de l’illustrateur à la rigueur du typographe. Il s’agit de dessiner une notion, un personnage, un objet en utilisant les seules lettres de son nom.
Dans l’œuvre de Jean Alessandrini, les frontières se définissent comme des espaces d’échanges et de circulations, pas comme des clôtures.- L’œuvre graphique
Dans ce vaste territoire, nous trouvons le laboratoire Typomondo, la revue qui a permis à Jean de diffuser ses expérimentations visuelles et littéraires entre 1981 et 1985. Figurent aussi les collections de poche des éditions Marabout, pour lesquelles Jean exerçait les fonctions de directeur artistiques au début des années 1980. Il en réalisait les couvertures avec ses illustrations et ses typographies. Ajoutons-y les archives du livre-bilan Typomanie, des jeux parus dans la presse, une proposition inédite de ligne graphique pour la Villette, les archives de l’unique ouvrage documentaire de son auteur, Drapeaux, les couleurs du monde – tout ceci ne donne qu’une idée de la diversité du fonds.Jean a joint à cet ensemble déjà riche la totalité de ses archives littéraires, à savoir les manuscrits ou tapuscrits de ses romans édités chez Phébus, ainsi qu’une vingtaine de textes parus chez divers éditeurs ou collections pour la jeunesse.
En conclusion : une œuvre variée, on l’a compris. Une profusion à donner le vertige. Pourtant, croyez-moi, malgré la multiplicité de ses activités, ses diverses identités de créateur, Jean Alessandrini n’est pas un pseudonyme collectif.
Il existe, nous l’avons rencontré.
Maintenant, c’est à votre tour.
Je vous remercie.
Gwénaël Citérin