A l'occasion du centenaire de la mort de Marie Jaëll

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A l'occasion du centenaire de la mort de Marie Jaëll, Daniel Bornemann, conservateur à la Bnu, livre l’article « Marie Jaëll : transmettre la beauté » pour Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF et de ses partenaires.

Photo de Marie Jaëll depuis Numistral

Le fonds Marie Jaëll à la Bnu

Le fonds Marie Jaëll, à la Bnu englobe complètement la personne de Marie Jaëll et entre dans tous les détails de sa vie et de sa pensée. Ses correspondances, ses journaux intimes ou ses écrits de travail y sont regroupés. C’est par la famille même de l’artiste, puis par le cercle de ceux qui ont veillé à sa mémoire, que sont entrés tous ces 740 éléments. On y trouve aussi des objets qui ont servi pour ses expériences. Formant véritablement un fonds d’archives scientifiques de cette femme qui a recherché ardemment le principe même de la beauté musicale. C’est un fonds d’une rare profondeur et complétude.
La Bnu consacre beaucoup de ses forces à célébrer Marie Jaëll depuis l’entrée du fonds en 1976. Deux expositions ont fait connaître dans ses murs cette artiste ; un espace spécifique lui est consacré dans les « réserves visitables » de la bibliothèque, depuis 2015. 
La numérisation progressive du fonds offre un panorama complet sur ses compositions, tant sur les manuscrits que sur les éditions, et sur bien d’autres choses […]

Marie Jaëll : transmettre la beauté

Dans le cadre du centenaire de la mort de Marie Jaëll, Daniel Bornemann, conservateur à la Bnu, livre le l’article « Marie Jaëll : transmettre la beauté » pour Galica, la bibliothèque numérique de la BnF et de ses partenaires. Extrait : 
[Jouer, composer, promouvoir les œuvres de ses contemporains, Marie Jaëll l’a fait avec succès, mais son action a été insuffisamment reconnue comme beaucoup d’œuvres de compositrices à cette époque. Progressivement, elle tourne la page de ses succès sur scène et entre dans une démarche différente, plus austère : l’approfondissement des causes de la beauté sonore. S’intéresser à la mécanique, à la construction des pianos, en fort progrès à cette époque, à la nature même de l’écoute, à son intensité cognitive variable, et surtout s’intéresser à la main et aux doigts du pianiste, aux questions de toucher, de positions de la main, aux nerfs et au cerveau, ce sont les angles par lesquels Marie Jaëll a cherché à percer les mystères de l’esthétique. 
Marie Jaëll cherche à former de « vrais musiciens » qui aspirent à la beauté, de vrais artistes comme l’était Liszt, pour elle. Pour cela, elle veut trouver une méthode qui ne serait plus ce qui paraît parfois être un dressage impitoyable et mécanique. Elle utilise les pianistes comme matériaux de recherche, dans le sillage de grands physiologues ou psychologues de l’époque. Elle trouve ainsi des liens entre art et science. Elle fréquente les cours de la Sorbonne, et travaille dans l’enceinte de l’hôpital de Kremlin-Bicêtre avec Charles Féré et Alfred Binet pour trouver la base de ce « toucher » qui génère le beau son.]

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