Parfums, textures, couleurs, matières et trajectoires de l’histoire

Les actualités à la Bnu
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Pour clore le colloque intitulé : "Echanges marchands et alterités religieuses", les intervenants ont été accueillis à la Bnu autour de documents rares, en écho à leurs échanges, entre mémoire matérielle, culture visuelle et imaginaires partagés.

Manuscrits_de_la_Bibliothèque_nationale_

un colloque international intitulé « Echanges commerciaux et altérités religieuses XIIe-XIVe siècles »

Au Collège Doctoral Européen de Strasbourg s’est tenu les 22 et 23 mai 2025 un colloque international intitulé « Echanges commerciaux et altérités religieuses XIIe-XIVe siècles » dont Damien Coulon, de l’Unistra, est l’organisateur. A l’issue de ses travaux, le groupe des intervenants a été accueilli à la Bnu, dans l’une de ses Réserves visitables, pour y voir de plus près, d’aussi près que possible, certains documents ou objets en rapport avec le thème des échanges. Les limites chronologiques des interventions ont cerné des 12e et 13e siècles principalement, mais géographiquement c’est toute la Méditerranée et même au-delà, l’Océan Indien, dont il a été question. Ces contacts pacifiques entre civilisations et sphères religieuses évoquent des richesses en parfums, couleurs et formes qui ne laissent aucun imaginaire indifférent.  

Les manuscrits

Ce groupe international a pu admirer plusieurs manuscrits arabes de contenu géographique qui permettent d’approcher la conscience qu’avaient les hommes de ce temps de la forme du monde, bipartite réelle et imaginaire. Un incunable strasbourgeois, de 1488 : l’édition allemande du Voyage de Jean de Mandeville en Orient, par Prüss, contient les images extravagantes des altérités humaines qu’on croyait peupler le lointain Orient : blemmyes et sciapodes (pieds d’ombre) par exemple.  L’exposition du dépôt du Louvre centrée sur les céramiques de Fustat a apporté la beauté de ces couleurs et de ces textures chatoyantes aux yeux des visiteurs. Les estampilles de verre islamiques, qui sont des poids monétaires et des scellés de produits commerciaux, portent encore en relief les noms des puissants califes et autorités politiques de ces époques. Enfin les monnaies, d’Orient islamique et d’Occident chrétien permettent de mieux se représenter les réalités monétaires d’or, d’argent et de bronze qui avaient cours de part et d’autre de la Méditerranée. A quoi sert donc tout ce patrimoine ? à ceci : à mettre sous nos yeux l’étoffe même dont notre histoire commune est faite.
A commencer par ces cartes géographiques arabes anciennes que la Bnu conserve dans ses manuscrits d’al-Wardi et d’al-Khwarizmi.