Un mot est susceptible de décrire la perspective de l’exposition, celui de « réception ».
L’exposition « Sacrés Rois ! David et Salomon à travers les âges » a été inaugurée le 13 septembre dernier. Vous trouverez ci-dessous un extrait du discours d’inauguration de Marc Vial, directeur de l’unité de recherche « Théologie protestante » et commissaire de l’exposition. Vous trouverez le discours dans sa version complète depuis le carnet de recherche de la Bnu.
On pourrait s’interroger : pourquoi consacrer une exposition à David et Salomon en ce début du 21e siècle qui, sous nos latitudes à tout le moins, semble devenir de plus en plus indifférent aux références religieuses traditionnelles ? Pourquoi s’intéresser à ces « rois sacrés » qui, à en croire les premiers récits qui les évoquent (les récits bibliques), furent également de sacrés rois, au sens où l’on dit d’un individu, avec un mélange d’admiration et d’agacement voire de réprobation, qu’il est un sacré personnage ?
Parce que, loin d’être la chasse gardée de quelques-uns (de celles et ceux, par exemple, qui leur reconnaissent un rôle religieux important), David et Salomon ont depuis longtemps nourri, au-delà de la sphère religieuse, les cultures marquées par les trois monothéismes, tant dans le domaine de la littérature que dans ceux de la musique, de la peinture et du dessin, de la sculpture, de l’architecture etc. Et parce que, non contents d’avoir irrigué les espaces culturels du passé, ils investissent encore notre présent. En témoigne, entre autres, le récent couronnement de Charles III d’Angleterre. Le point d’orgue de la cérémonie, qui a eu lieu le 6 mai dernier, a consisté en l’onction du nouveau souverain, dont le modèle est fourni par les récits bibliques relatifs au sacre des rois d’Israël. Et David et Salomon sont présents, là même où la référence religieuse a, sinon disparu, du moins été mâtinée d’autres harmoniques. Tout le monde ou presque connaît la chanson Hallelujah de Leonard Cohen, ne serait-ce que par l’interprétation que Jeff Buckley en a donnée. Or cette chanson, composée par un petit-fils de rabbin, fait à plusieurs reprises référence à nos deux rois.
Ce ne sont là que quelques illustrations de la présence à nos univers contemporains, par moments éclatante, par moments beaucoup plus discrète, de David et Salomon. L’exposition en présentera bien d’autres. Elle permettra de sonder le passé et d’arpenter le présent ; d’explorer la culture occidentale et de faire des incursions dans les civilisations marquées par l’islam et au sein du monde éthiopien, pour s’en tenir à quelques exemples.
Un mot est susceptible de décrire la perspective de l’exposition aujourd’hui inaugurée, celui de « réception ».
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Accéder à l’intégralité du discours depuis le lien ci-dessous.