Le Chronomètre électrique du Dr. D’Arsonval de la Bnu
Le fonds des archives de la pianiste et compositrice alsacienne Marie Jaëll (1846 Steinseltz 1925 Paris) est l’un des fleurons des fonds musicaux de la Bnu.
De plus, il recèle quelques curiosités, en particulier un appareil qu’on s’attendrait plus à trouver dans un laboratoire que chez une musicienne : le chronomètre électrique d’Arsonval. Il a été inventé vers 1880 par le Dr. Jacques Arsène d’Arsonval (1851-1940) pour mesurer les vitesses de sensations nerveuses et déterminer les temps de réactions psychomotrices à un stimulus. L’instrument a été utilisé dans des contextes divers, par Alfred Binet (1857-1911) dans le cadre d’expériences pédagogiques (temps de réaction lors d’apprentissages), par les militaires (temps de réaction lors de l’usage de machines militaires ou d’avions), par des étudiants de Jean-Martin Charcot avec les hystériques, et même dans le cadre de mesures prises lors d’expériences mystiques et religieuses (tremblements, mouvements incontrôlés…). Marie Jaëll se l’est approprié pour étudier scientifiquement le mouvement le plus spécifique du pianiste, celui des doigts sur les touches du clavier, mouvement à la fois technique et musical : le « toucher ».
Cet appareil est actuellement présenté à Paris au Collège de France dans le parcours de cette exposition destinée à mettre en lumière la recherche menée depuis le XIXe siècle au Collège de France pour mesurer, comprendre et soigner le corps humain et animal.
L'exposition présente une sélection d’environ cinquante instruments scientifiques historiques conservée au Collège de France, complétée par les prêts de plusieurs institutions. Elle construit ainsi un propos original sur l’histoire des sciences expérimentales depuis la Révolution française jusqu’en 1920, à l’intersection de la physique, de la physiologie et de la psychologie, qui trouve un écho contemporain non seulement dans la recherche scientifique, mais également dans les représentations et les pratiques du corps.