LES ARTS

Art / Collections courantes
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La Bnu propose à ses lecteurs des collections d’art estimées à près de 200 000 livres et revues, auxquelles s’ajoutent des collections d’estampes, affiches, photographies et cartes postales. La politique d’acquisition n’a pas été fondamentalement transformée après le retour de l’Alsace à la France ; elle est dans les grandes lignes restée fidèle aux caractéristiques premières du fonds. Aussi la Bnu est-elle aujourd’hui sans aucun doute, avec la Bibliothèque nationale de France, la plus riche de France pour ce qui concerne l’art des pays germaniques. Elle est aussi une grande bibliothèque encyclopédique, où tous les secteurs artistiques et musicaux sont représentés.

Les acquisitions courantes

Pour l’ensemble des arts (musique comprise), la Bnu s’enrichit de plus de 1 600 titres par an, dont environ 400 concernent l’art des pays germaniques. Elle propose près de 150 périodiques courants.

Dans ce domaine, les acquisitions courantes de la Bnu essaient de suivre l’actualité sans discrimination d’époque ni de pays. Cette politique répond à la diversité du lectorat de la bibliothèque, étudiants et chercheurs en histoire de l’art, étudiants des écoles d’architecture ou d’arts décoratifs, musicologues et musiciens, sans oublier le public non-étudiant, part non négligeable dans le cas de la Bnu. Cette essence généraliste fait que les acquisitions dans les domaines artistiques n’ont jamais cessé d’être encyclopédiques.  

De plus, certains domaines, du fait des politiques d’acquisitions particulières de la bibliothèque, sont intégralement couverts comme les publications concernant les pays germaniques et l’Europe centrale et orientale. Pour ce qui concerne le 20e siècle, où les lacunes accumulées depuis 1945 étaient plus flagrantes, l’effort de ces dernières années a permis un rattrapage conséquent dans les domaines suivants : arts du spectacle et de la rue, chanson, mode, design ou photographie. L’art religieux est également très bien suivi (la Bnu est aussi Collex pour les sciences religieuses).

Pour les acquisitions en langues étrangères, elles sont naturellement importantes pour l’allemand, dans tous les domaines des arts. Mais la bibliothèque achète aussi des ouvrages de référence concernant des aires géographiques dont on comprendrait mal qu’elles soient absentes d’un grand établissement de recherche. La Bnu est d’ailleurs là sur un créneau qu’elle occupe quasiment seule en France.

Les ouvrages acquis concernent donc tous les domaines des arts, musique comprise, parmi lesquels on peut faire ressortir les points forts suivants :

  • arts des pays germaniques (bien représentés aussi dans le fonds de l’Actualité du livre allemand)

  • architecture, urbanisme, art des jardins

  • cinéma et arts du spectacle

  • arts primitifs

  • art des pays extra-européens

  • arts mineurs, arts de la rue

  • photographie

  • musiques populaires

 

Les collections anciennes 

Les seules acquisitions de livres et de revues faites depuis 1920 se montent à 90 000 unités. Pour les fonds plus anciens, on estime qu’en 1920, les collections de monographies consacrées aux divers domaines des arts représentaient 60 000 volumes environ (estimation faite d’après les registres qui listent, à cette époque, 23 280 titres allant du 16e au début du 20e siècle). Reflets fidèles de la culture d’alors, ils laissent voir une prédominance d’ouvrages sur l’art des pays germaniques, mais sans exclusive ; l’aire française est bien représentée aussi, et de façon plus générale, la couverture géographique est très large, dépassant souvent le cadre du monde occidental. Des sondages effectués sur des bibliographies artistiques courantes du début du siècle montrent qu’à cette époque, la bibliothèque achetait presque 50 % de la production recensée, tous pays confondus.
 

Les fonds particuliers 

  • une belle collection d’in-folios, symboles de la culture bourgeoise du 19e siècle finissant, où le livre, objet d’ornement, est aussi le support du savoir dans les domaines plus techniques. A l’heure où l’UNESCO a inscrit le quartier de la Neustadt de Strasbourg au patrimoine mondial de l’UNESCO, il n’est pas inutile de rappeler que ce patrimoine existe aussi sous forme livresque dans un des bâtiments les plus emblématiques de cette époque.

  • un ensemble remarquable de livrets d’opéras, allant de la fin du 17e au début du 20e siècle (1 000 pièces environ)

  • un ensemble de revues d’art de la fin du 19e et du début du 20e siècle, incluant la plupart des grands titres allemands de l’époque et notamment ceux qui ont contribué à l’éclosion du Jugendstil (Jugend, Simplicissimus, Die Kunst für alle, etc.). Cet ensemble a fait l’objet d’une étude dans le catalogue de l’exposition Impressions d’Europe (Strasbourg, 2003).

  • un fonds de 25 000 portraits de personnages de l’ère culturelle germanique, du 16e au 19e siècle. Extrêmement varié, il a été signalé, pour certaines de ses parties, dans le vol. 38 de la collection de référence Hollstein’s German engravings, etchings and woodcuts, 1400-1700.

  • le « fonds Nuremberg », ensemble de 3 250 dessins et gravures, allant du 16e au 19e siècle, ayant trait à cette ville et à sa région. Unique en France, il a fait l’objet d’une étude dans le catalogue Impressions d’Europe.

  • le fonds Haller von Hallerstein : 4 000 pièces environ concernant l’architecture.

  • la Bnu possède aussi un fonds d’environ 10 000 photographies, parmi lesquelles plusieurs ensembles du 19e siècle (en particulier un fonds proche-oriental rassemblé par le savant Julius Euting, ou encore les 5 000 images provenant des archives de l’éditeur d’art Braun).

  • Le fonds Boulet-Devraigne, un ensemble de plus de 1 000 pièces (livres, articles, partitions, correspondances, programmes, objets…) autour de la réception de Richard Wagner en France rassemblé par deux passionnés Paul Boulet (1884-1971) et Pierre Devraigne (1913-1974) depuis la fin du 19e siècle.

  • La Bnu conserve le fonds Marie Jaëll qui rassemble les ouvrages, la musique, les manuscrits et les archives de l’artiste.

  • Le fonds Solveen acquis en 1966 rassemble les affiches des principaux noms des artistes alsaciens et alsaciennes : Louis-Philippe Kamm, Dorette Muller, Lika Marowska, René Allenbach, Jacques Gachot…

La gravure d’illustration, particulièrement bien représentée dans l’édition alsacienne du 16e siècle, a fait l’objet d’un programme de recherches qui a déjà abouti à la publication de trois volumes imprimés. Ce programme rappelle que le champ de l’histoire de l’art ne concerne pas seulement les ouvrages d’art stricto sensu, et que la richesse d’une bibliothèque à cet égard se voit aussi à la pluridisciplinarité de ses collections.

Les possibilités offertes par la bibliothèque numérique, Numistral, commune à la Bnu et l’Université de Strasbourg concernent aussi, bien entendu, les fonds d’art à travers l’univers thématique Arts et littérature. Les collections d’art permettent une approche érudite, notamment à partir du fonds d’histoire de la calligraphie, de celui de la bibliothèque de l’Institut d’histoire de l’art, constituée à la fin du 19e siècle, ou encore du fonds de catalogues anciens de musées de Strasbourg. Mais elles proposent aussi de découvrir une Alsace populaire grâce à son iconographie colorée et pittoresque, ou d’explorer les gravures de Gustave Doré. La musique est présente à travers la collection Marie Jäell et les collections de musicologie.

On rappellera pour conclure que les collections d’art de la Bnu ont été constituées parallèlement à celles de l’Université de Strasbourg, qui héberge quelques fonds remarquables principalement consacrés à l’archéologie : fonds égyptien, photographies d’archéologie classique, et surtout un exceptionnel ensemble de moulages gréco-latins, dont de multiples possibilités de valorisation existent.

Contact

Gwenaël Citérin, responsable scientifique arts et iconographie
Anne-Lise Brun, chargée de collections musique et arts du spectacle
Thomas Bonnin, chargé de collections arts visuels

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