LES INCUNABLES

Littérature/linguistique / Collections patrimoniales
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La collection d’incunables de la Bnu compte près de 2120 volumes et continue à s’enrichir au rythme des achats et des dépôts. Elle est représentative des premiers imprimés typographiques alsaciens et rhénans.

Le mot « incunable » est lié à l’invention de l’imprimerie en Europe et désigne tout livre qui y est imprimé avant le 1er janvier 1501. Il s’agit donc des premiers livres imprimés avec le procédé mis au point, entre autres, par Gutenberg vers 1450. Le mot « incunable » vient du terme savant incunabulum, qui signifie berceau en latin ; sous-entendu, de l’imprimerie.


La ville de Strasbourg est, au 15e siècle, l’une des cités qui voit naître l’imprimerie. Une émulation se créé autour de cette invention et, à la fin du siècle, ce sont une douzaine d’ateliers qui y fonctionnent. La collection d’incunables de la Bnu reflète la place de la ville dans la naissance du procédé et témoigne de l’énergie mise au service de la diffusion du savoir. 

On y trouve des exemplaires imprimés par les premiers imprimeurs strasbourgeois, comme Heinrich Eggestein ou Johannes Mentelin, ainsi que par Johannes Grüninger. Ce dernier perfectionna l’insertion de gravures sur bois dans le texte et fit la transition avec le 16e siècle.

Outre le contexte alsacien et rhénan, cette collection embrasse tout le 15e siècle typographique, et permet un aperçu complet des innovations techniques, des inventions esthétiques et des spécificités linguistiques de cette période de l'imprimerie. Elle s’accroît régulièrement, avec l’objectif de reconstituer une collection exhaustive de tous les livres imprimés en Alsace au 15e siècle. Car en effet, la bibliothèque de Strasbourg qui a disparu dans l’incendie du 24 au 25 août 1870 comptait près de 7000 incunables, traduisant la richesse exceptionnelle de la production imprimée en Alsace à l’époque humaniste.