Lina Ritter, un visage de l’écriture alsacien
Les archives de Lina Ritter - 521 manuscrits, correspondances et documents personnels - sont désormais accessibles à la Bnu. Ce fonds exceptionnel éclaire la vie littéraire transfrontalière et révèle une autrice qui, par son œuvre et son engagement, a incarné la voix de l’Alsace, des deux côtés du Rhin.
Lina Ritter, une voix majeure de la littérature alsacienne entre deux rives
Lina Ritter est née en 1888 à Village-Neuf, une localité située on ne peut plus près du Rhin. Après des études à Mulhouse et à Bâle (philosophie, histoire de l’art et littérature), elle se fait connaître dès l’âge de 23 ans par des pièces de théâtre en allemand et en dialecte, consacrées à des grands thèmes historiques alsaciens, sundgoviens et suisses-alémaniques. Mariée à un avocat allemand, elle doit quitter l’Alsace après 1918. Elle vit dans le Pays de Bade jusqu’à sa mort à Fribourg-en-Brisgau en 1981. Son œuvre est abondante et touche à un grand nombre de genres littéraires, et ne quitte presque jamais le dialecte alsacien et la langue allemande. Après la Seconde Guerre mondiale, elle retrouve un certain succès en Alsace d’une part avec des chroniques et pièces radiophoniques, et d’autre part par son spectacle consacré à la patronne de l’Alsace, Sainte-Odile.
Un fonds d’archives exceptionnel : mémoire de l’Alsace littéraire
Les archives ont été données à la Bnu par les trois petits enfants de Lina Ritter en 2020. Les différentes « parties composantes » qui le décrivent sont au nombre de 521 unités. Ce fonds de grande ampleur recouvre les manuscrits et dactylographies des œuvres au quasi-complet. Des informations personnelles sur sa famille, son mari, ses voyages ou bien sûr sur elle-même s’y rencontrent ainsi que des écrits d’autres auteurs. Ces archives constituent un ensemble significatif sur l’activité des écrivains de tropisme alémanique et sur ses amitiés littéraires, à cheval sur les « trois frontières. Signalons surtout un grand nombre de textes restés inédits, toujours centrés sur le vécu alsacien. Enfin, on y trouve des éléments sur le dialecte en lui-même, recueillis par l’auteur, ou encore d’étranges explorations astrologiques sur des personnages de son époque.
Matériaux pour la recherche
Ce fonds d'ampleur vient enrichir significativement le fonds d'archives littéraires et alsatiques de la Bnu. La bibliothèque collecte depuis sa fondation en 1871, par voie d’achats ou de dons, des fonds d’archives d’origine privée avec comme double objectif de documenter la mémoire régionale et de constituer des sources et matériaux pour la recherche.
Le carnet de recherche de la Bnu
Un article détaillé rédigé par Daniel Bornemann est à lire sur le carnet/Lieu de recherche : Lina Ritter, un visage de l’écriture alsacienne du 20e siècle – Lieu de recherche : le carnet de la Bnu.
Le carnet de recherche de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg rend compte de l’activité scientifique de la bibliothèque, des programmes de recherche qui s’y développent ou de ses actions d’appui à la recherche, en lien parfois avec ses activités culturelles, ainsi que de l’activité scientifique de ses services et agents.
Plus généralement, il témoigne de tout travail de valorisation scientifique effectué sur et autour de ses collections.
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