Bibles abondamment illustrées
C’est grâce au don d’un particulier que cette belle Bible allemande vient enrichir le fonds de Bibles de la Bnu, dans une édition qui manquait dans les collections publiques françaises.
Il s’agit d’une des célèbres « Bibles Feyerabend », ici dans la version tardive de 1596, imprimée sur les presses de Johann Feyerabend à Francfort pour le compte des héritiers de Peter Fischer (éditeurs commerciaux). Éditées durant près de quatre décennies, ces Bibles abondamment illustrées doivent leur succès aux gravures sur bois des deux artistes les plus reconnus dans le monde du livre à Francfort, Virgile Solis et Jost Amman, au point de concurrencer sérieusement la Bible « originale » de Luther imprimée par Lufft à Wittenberg. On y trouve également les noms de Johann Melchior Bocksberger, l’auteur des dessins gravés par Jost Amman dès l’édition de 1564 et, dans notre édition de 1596, de Tobias Stimmer.
Si ce dernier est très célèbre à Strasbourg pour ses peintures de l’horloge astronomique ou ses illustrations bibliques (ses Figures bibliques paraissent en 1576, suivies de nombreuses Bibles illustrées), ces images trouvent leur source plutôt dans les Antiquités juives de Flavius Josèphe, dont il a illustré plusieurs éditions allemandes. La réutilisation (même posthume) de bois gravés, d’un ouvrage voire d’un imprimeur à l’autre, est chose courante dans les livres illustrés, mais la présence discrète de Tobias Stimmer dans cette édition et dans les dernières à partir de 1583 méritait d’être indiquée car elle est peu connue : son monogramme apparaît dans trois gravures, et par ailleurs ses dessins ou ses bois ont pu servir de modèles à des planches gravées par d’autres.
La collection de la Bnu résume désormais l’histoire éditoriale des Bible Feyerabend
Avec ce nouveau don, la collection de la Bnu résume désormais l’histoire éditoriale des « Bibles Feyerabend », qui compte plus de trente versions, en trois étapes : la toute première édition en 1560 (E.75,1-2), imprimée par Sigmund Feyerabend (et non Johann) et entièrement illustrée par Virgile Solis ; celle de 1580 (reçue en don également), qui reprend en grande partie le corpus de Johann Melchior Bocksberger / Jost Amman de l’édition de 1564 (FP.2.2.0008) ; et enfin l’une des dernières éditions (R.328).
Au fil des versions successives « agrémentées de belles illustrations » (auch mit schönen Figuren gezieret), l’intention reste la même : proposer au regard des lecteurs des illustrations « belles et artistiques […] pour rendre les histoires encore plus vivantes et plus faciles à imaginer, de façon à mieux les comprendre » (préface de l’imprimeur en 1564, alors Sigmund Feyerabend).
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Accéder à l'article complet de Madeleine Zeller depuis le carnet de recherche de la Bnu : voir ci dessous.